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de l’économie politique.fets; l’état demeure, et la famille se dissout. Que si l'autorité pu-blique , en prenant la place des pères, et se chargeant de cetteimportante fonction, acquiert leurs droits en remplissant leursdevoirs, ils ont d’autant moins sujet de s’en plaindre, qu’à cetégard ils ne font proprement que changer de nom, et qu’ils au-ront en commun, sous le nom de citoyens, la même autorité surleurs enfants qu’ils exerçoient séparément sous le nom de pères,et n’en seront pas moins obéis en parlant au nom de la loi, qu’ilsl'étoient en parlant au nom de la nature. L’éducation publique,sous des règles prescrites par le gouvernement, et sous des magis-trats établis par le souverain, est donc une des maximes fonda-mentales du gouvernement populaire ou légitime. Si les enfantssont élevés en commun dans le sein de l’égalité, s’ils sont imbusdes lois de l’état et des maximes delà volonté générale, s’ils sontinstruits à les respecter par-dessus toutes choses, s’ils sont envi-ronnés d’exemples et d’objets qui leur parlent sans cesse de latendre mère qui les nourrit, de l’amour qu’elle a pour eux, desbiens inestimables qu’ils reçoivent d’elle, et du retour qu’ils luidoivent, ne doutons pas qu’ils n'apprennent ainsi à se chérir mu-tuellement comme des frères, à ne vouloir jamais que ce queveut la société, à substituer des actions d’hommes et de citoyensau stérile et vain babil des sophistes, et à devenir un jour les dé-fenseurs et les pères de la patrie dont ils auront été si long-tempsles enfants.
Je ne parlerai point des magistrats destinés à présider à cetteéducation, qui certainement est la plus importante affaire de l’é-tat. On sent que si de telles marques de la confiance publiqueétoient légèrement accordées, si cette fonction sublime n’étoitpour ceux qui auroient dignement rempli toutes les autres, leprix de leurs travaux, l’honorable et doux repos de leur vieil-lesse et le comble de tous les honneurs, toute l’entreprise se-roit inutile et l’éducation sans succès; car partout où la leçonn’est pas soutenue par l’autoriié, et le précepte par l’exemple,l’instruction demeure sans fruit; et la vertu même perd soncrédit dans la bouche de celui qui ne la pratique pas. Maisque des guerriers illustres,courbés sous le faix de leurs lauriers,prêchent le courage ; que des magistrats intègres, blanchis dansla pourpre et sur les tribunaux , enseignent la justice : les unset les autres se formeront ainsi de vertueux successeurs, ettransmettrontd’àge en âge aux générations suivantes l’expérience