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Tome quatrième.
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de l’économie politique. 251

charger qu’en tremblant, et en demandant au ciel des lumièreset l’intégrité.

Un autre inconvénient de la taxe personnelle, c’est de se fairetrop sentir et d’être levée avec trop de dureté ; ce qui n’empêchepas qu’elle ne soit sujette à beaucoup de non-valeurs, parcequ’ilest plus aisé de dérober au rôle et aux poursuites sa tête que sespossessions.

De toutes les autres impositions, le cens sur les terres ou lataille réelle a toujours passé pour la plus avantageuse dans lespays où l’on a plus d’égard à la quantité du produit et à la sûretédu recouvrement qu’à la moindre incommodité du peuple. On amême osé dire qu’il falloit charger le paysan pour éveiller sa pa-resse , et qu’il ne feroit rien s’il n’avoit rien à payer. Mais l’expé-rience dément chez tous les peuples du monde cette maxime ri-dicule : c’est en Hollande, en Angleterre, où le cultivateur paietrès peu de chose,, et surtout à la Chine où il ne paie rien, que laterre est le mieux cultivée. Au contraire, partout où le laboureurse voit chargé à proportion du produit de son champ , il le laisseen friche, ou n’en retire exactement que ce qu’il lui faut pourvivre. Car pour qui perd le fruit de sa peine, c’est gagner que nerien faire ; et mettre le travail à l’amende est un moyen fort sin-gulier de bannir la paresse.

De la taxe sur les terres ou sur le blé, surtout quand elle estexcessive, résultent deux inconvénients si terribles, qu’ils doiventdépeupler et ruiner à la longue tous les pays où elle est établie.

Le premier vient du défaut de circulation des espèces , car lecommerce et l’industrie attirent dans les capitales tout l’argent dela campagne ; et l’impôt détruisant la proportion qui pouvoit setrouver encore entre les besoins du laboureur et le prix de sonblé, l’argent vient sans cesse et ne retourne jamais ; plus la villeest riche, plus le pays est misérable. Le produit des tailles passedes mains du prince ou du financier dans celles des artistes et desmarchands ; et le cultivateur, qui n’en reçoit jamais que la moin-dre partie, s’épuise enfin en payant toujours également et rece-vant toujours moins. Comment voudroit-on que pût vivre unhomme qui n’auroit que des veines et point d’artères, ou dont lesartères ne porteroient le sang qu’à quatre doigts du cœur? Char-din dit qu’en Perse les droits du roi sur les denrées se paient aussien denrées : cet usage, qu’Hérodote témoigne avoir autrefois étépratiqué dans le même pays jusqu’à Darius, peut prévenir le mal