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Tome quatrième.
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456 GOUVERNEMENT DE POLOGNE.

aisément, par son crédit dans l’ordre équestre, gagner le petit

nombre de voix dont il a besoin pour être toujours prépondérant.

Je dis que c’est un défaut, parceque le sénat, étant un corpsparticulier dans l’état, a nécessairement des intérêts de corps dif-férents de ceux de la nation, et qui même, à certains égards, ypeuvent être contraires. Or la loi, qui n’est que l’expression de lavolonté générale, est bien le résultat de tous les intérêts particu-liers combinés et balancés par leur multitude ; mais les intérêtsdu corps, faisant un poids trop considérable, romproient l'équili-bre , et ne doivent pas y entrer collectivement. Chaque individudoit avoir sa voix ; nul corps, quel qu’il soit, n’en doit avoir une.Or si le sénat avoit trop de poids dans la diète, non seulement ily porteroit son intérêt, mais il le rendrait prépondérant.

Un remède naturel à ce défaut se présente de lui-même, c’estd’augmenter le nombre des nonces ; mais je craindrais que celane fit trop de mouvement dans l’état et rapprochât trop du tumultedémocratique. S’il falloit absolument changer la proportion , aulieu d’augmenter le nombre des nonces, j’aimerois mieux dimi-nuer le nombre des sénateurs. Et, dans le fond , je ne vois pastrop pourquoi, y ayant déjà un palatin à la tête de chaque pro-vince, il y faut encore de grands castellans. Mais ne perdonsjamais de vue l’importante maxime de ne rien changer sans né-cessité, ni pour retrancher ni pour ajouter.

Il vaut mieux, à mon avis, avoir un conseil moins nombreux ,et laisser plus de liberté à ceux qui le composent, que d’en aug-menter le nombre et de gêner la liberté dans les délibérations,comme on est toujours forcé de faire quand ce nombre devienttrop grand : à quoi j’ajouterai, s’il est permis de prévoir le bienainsi que le mal, qu’il faut éviter de rendre la diète aussi nom-breuse qu’elle peut l’être, pour ne pas s’ôter le moyen d’y admet-tre un jour, sans confusion, de nouveaux députés, si jamais on envient à l’anoblissement des villes et à l’affranchissement des serfs,comme il est à desirer pour la force et le bonheur de la nation.

Cherchons donc un moyen de remédier à ce défaut d’une autremanière, et avec le moins de changement qu’il se pourra.

Tous les sénateurs sont nommés par le roi, et conséquemmentsont ses créatures : de plus, ils sont à vie, et, à ce titre, ils for-ment un corps indépendant et du roi et de l’ordre équestre, qui,comme je l’ai dit, a son intérêt à part et doit tendre à l'usurpa-tion. Et l’on ne doit pas ici m’accuser de contradiction, parceque