CHAPITBE VII.
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j’admets le sénat comme un corps distinct dans la république,quoique je ne l’admette pas comme un ordre composant de larépublique;; car cela est fort différent.
Premièrement, il faut éter au roi la nomination du sénat, nonpas tant à cause du pouvoir qu’il conserve par-là sur les séna-teurs, et qui peut n’être pas grand, que par celui qu’il a sur tousceux qui aspirent à l’être, et par eux sur le corps entier de la na-tion. Outre l’effet de ce changement dans la constitution, il enrésultera l’avantage inestimable d’amortir, parmi la noblesse,l’esprit courtisan, et d’y substituer l’esprit patriotique. Je ne voisaucun inconvénient que les sénateurs soient nommés par la diète,et j’y vois de granls biens, trop clairs pour avoir besoin d’êtredétaillés. Cette nomination peut se foire tout d’un coup dans ladiète, ou premièrement dans les diétines, par la présentation d’uncertain nombre de sujets pour chaque place vacante dans leurspalatinats respectifs. Entre ces élus la diète feroit son choix, onbien elle en éliroit un moindre nombre, parmi lesquels on pour-roit laisser encore au roi le droit de choisir. Mais, pour aller toutd’un coup au plus simple, pourquoi chaque palatin ne seroit-ilpas élu définitivement dans la diétine de sa province ? quel incon-vénient a-t on vu naître de cette élection pour les palatins dePoîoczk, de "Witepsk, et pour le staroste de Samogitie? et quelmal y auroit-il que le privilège de ces trois provinces devînt undroit commun poui toutes? Ne perdons pas de vue l’importancedont il est pour la Pologne de tourner sa constitution vers laforme fédérative, pour écarter, autant qu’il est possible, les mauxattachés à la grandeur ou plutôt à l’étendue de l'état.
En second lieu, si vous faites que les sénateurs ne soient plusà vie, vous affaiblirez considérablement l’intérêt de corps quitend à l’usurpation. Mais cette opération a ses difficultés : pre-mièrement, parcequ’il est dur à des hommes accoutumés à ma-nier les affaires publiques de se voir réduits tout d’un coup à l’é-tat privé sans avoir démérité ; secondement, parceque les placesde sénateurs sont unies à des titres de palatins et de castellans, età l’autorité locale qui y est attachée, et qu’il résulteroit du dés-ordre et des mécontentements du passage perpétuel de ces titreset de cette autorité d’un individu à un autre. Enfin cette amovi-bilité ne peut pas s'étendre aux évêques, et ne doit peut-être pass’étendre aux ministres, dont les places, exigeant des talents par-ticuliers, ne sont pas toujours faciles à bien remplir. Si les évêques