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Tome quatrième.
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CHAPITRE VIII.

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faire ; savoir, les palatins et grands-castellans, à vie et par leursdiétines respectives ; les castellans du second rang , à temps etpar la diète. A l’égard des évêques, il me paroît difficile, à moinsqu’on ne les fasse élire par leurs chapitres, d’en ôter la nominationau roi : et je crois qu’on peut la lui laisser, excepté toutefois cellede l'archevêque de Gnesne (*), qui appartient naturellement à ladiète; à moins qu’on n’en sépare la primatie, dont elle seule doitdisposer. Quant aux ministres, surtout les grands généraux etgrands-trésoriers, quoique leur puissance, qui fait contre-poids àcelle du roi, doive être diminuée en proportion de la sienne, ilne me paroît pas prudent de laisser au roi le droit de remplir cesplaces par ses créatures, et je voudrois au moins qu’il n’eût quele choix sur un petit nombre de sujets présentés par la dièie. Jeconviens que, ne pouvant plus ôter ces places après les avoir don-nées, il ne peut plus compter absolument sur ceux qui les rem-plissent: mais c’est assez du pouvoir qu’elles lui donnent snr lesaspirants, sinon pour le mettre en état de changer la face dugou-vernement, du moins pour lui en laisser l’espérance ; et c'est sur-tout cette espérance qu’il importe de lui ôter à tout prix.

Pour le grand-chancelier, il doit, ce me semble, être de tomination royale. Les rois sont les juges-nés de leur peuple ; c'est pourcette fonction, quoiqu’ils l’aient tous abandonnée, qu’ils ont étéétablis : elle ne peut leur être ôtée ; et quand ils ne veulent pasla remplir eux-mêmes, la nomination de leurs substituts en cettepartie est de leur droit, parceque c’est toujours à eux de repon-dre des jugements qui se rendent en leur nom. La nation peut,il est vrai, leur donner des assesseurs, et le doit lorsqu'ils ne ju-gent pas eux-mêmes : ainsi le tribunal de la couronne, ou préside,non le roi, mais le grand-chancelier, est sous l’inspection de lanation, et c’est avec raison que les diétines en nomment les autresmembres. Si le roi jugeoit en personne, j’estime qu’il auroit ledroit déjuger seul. En tout état de cause, son intérêt seroit tou-jours d’être juste, et jamais des jugements iniques ne furent unebonne voie pour parvenir à l'usurpation.

A l’égard des autres dignités, tant de la couronne que des pa-latinats , qui ne sont que des titres honorifiques et donnent plus

(*; Gnesne étoit autrefois la capitale de la Pologne. Son-archevêque, primat duroyaume et légat-né du saint-siège, étoit chef de la république pendant l’interrègne,et c étoit en son nom que s’expédioient les universaux pour la diète dite d'élection : *il couronnoit tes rois et les reines.

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