460 GOUVERNEMENT DE POLOGNE.
deux autres secrétaires ad actum , nommés sur-Ie champ par lemaréchal dans le nombre des nonces présents. Par cette mé-thode , l’opération deviendrait si courte et si simple, que,sans dispute et sans bruit, tout le sénat se remplirait aisémentdans une séance. Il est vrai qu’il faudrait encore une règle pourdéterminer la liste des candidats ; mais cet article aura sa placeet ne sera pas oublié.
Reste à parler du roi, qui préside à la diète, et qui doit être,par sa place, le suprême administrateur des lois.
CHAPITRE VIII.
Du roi.
C’est un grand mal que le chef d'une nation soit l’ennemi néde la liberté, dont il devrait être le défenseur. Ce mal, à mon avis,n’est pas tellement inhérent à cette place qu’on ne pût l’en déta-cher, ou du moins l’amoindrir considérablement. Il n’y a point detentation sans espoir. Rendez l’usurpation impossible à vos rois,vous leur en ôterez la fantaisie ; et iis mettront, à vous bien gou-verner et à vous défendre, tous les efforts qu’ils font maintenantpour vous asservir. Les instituteurs de la Pologne, comme l’a re-marqué M. le comte de Wielhorski, ont bien songé à ôter auxrois les moyens de nuire, mais non pas celui de corrompre : et lesgrâces dont ils sont les distributeurs leur donnent abondammentce moyen. La difficulté est qu’en leur ôtant cette distribution l’onparoît leur tout ôter : c’est pourtant ce qu’il ne faut pas faire; carautant vaudrait n’avoir point de roi ; et je crois impossible à unaussi grand état que la Pologne de s’en passer, c’est-à-dire d’unchef suprême qui soit à vie. Or, à moins que le chef d’une nationne soit tout à-fait nul, et par conséquent inutile, il faut bien qu’ilpuisse faire quelque chose; et, si peu qu’il fasse, il faut néces-sairement que ce soit du bien ou du mal.
Maintenant tout le sénat est à la nomination du roi : c’est trop.S'il n’a aucune part à cette nomination, ce n’est pas assez. Quoi-que la pairie en Angleterre soit aussi à la nomination du roi, elleen est bien moins dépendante, parceque cette pairie une fois don-née est héréditaire ; au lieu que les évêchés, palatinats et castel-lanies, n’étant qu’à vie, retournent, à la mort de chaque titulaire,à la nomination du roi.
J’ai dit comment il me paroît que cette nomination devrait se