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Tome quatrième.
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CHAPITBE XI.

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de vos blés que vous de leur or. Il vaut mieux, croyez-moi, vivredans l’abondance que dans l’opulence ; soyez mieux que pécu-nieux, soyez riches : cultivez bien vos champs, sans vous sou-cier du reste ; bientôt vous moissonnerez de l’or, et plus qu’il n’enfaut pour vous proeurer l’huile et le vin qui vous manquent, puis-que à cela près la Pologne abonde ou peut abonder de tout. Pourvous maintenir heureux et libres, ce sont des têtes, des cœurs etdes bras qu’il vous faut ; c’est là ee qui fait la force d’un état et laprospérité d’un peuple. Les systèmes de finances font des âmesvénales ; et dès qu’on ne veut que gagner, on gagne toujours plusà être fripon qü’honnête homme. L’emploi de l’argent se dévoieet se cache; il est destiné à une chose et employé à une autre.Ceux qui le manient apprennent bientôt à le détourner ; et quesont tous les surveillants qu’on Leur donne, sinon d’autres friponsqu’on envoie partager avec eux ? S’il n’y avoit que des richessespubliques et manifestes; Si lft marche de l’or laissait une marqueostensible et ne pouvoit se cacher, il n’y auroit point d’expédientplus commode pour acheter des services, du courage, de la fidé-lité, des vertus ; mais, vu sa circulation secrète, il est plus com-mode encore pour Lire des pillards et des traîtres, pour mettreà l’enchère le bien pabiic et la liberté. En un mot, l’argent est àla fais le ressort le plus foible et le plus vain que je commisse pourfaire marcher à son but la machine politique, le plus fort et leplus sûr pour l’eu détourner.

On ne peut faire agir les hommes que par leur intérêt, je le sais;mais l’intérêt pécuniaire est le plus mauvais de tous, le plus vil, leplus propre à. la corruption, et même, je le répète avec confiance etle soutiendrai toujours, le moindre et le plus foible aux yeux dequi commît bien le cœur humain. Il est naturellement dans tousles cœurs de grandes passions en réserve : quand il n’y reste plusque celle de l’argent, c’est qu’on a énervé, étouffé toutes les au-tres, qu’il falloit exciter et développer. L’avare n’a point propre-ment de passion qui le domine ; il n’aspire à l’argent que par pré-voyance, pour contenter celles qui pourront lui venir. Sachez lesfomenter et les contenter directement sans cette ressource ; bien-tôt elle perdra tout son prix.

Les dépenses publiques sont inévitables, j’en conviens eneore ;faites-les avec tout autre chose qu’avec-de l’argent. De nos joursencore on voit en Suisse les officiers, magistrats et autres stipen-diâmes publics, payés avec des denrées. Ils ont des dîmes, du-