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Tome quatrième.
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CHAPITBE XII.

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force conservatrice, qui, même subjugués, vous garantira de ladestruction, et conservera votre gouvernement et votre libertédans son seul et vrai sanctuaire, qui est le cœur des Polonois.

Les troupes réglées, peste et dépopulation de l’Europe, ne sontbonnes qu’à deux fins : ou pour attaquer et conquérir les voisins,ou pour enchaîner et asservir les citoyens. Ces deux fins voussont également étrangères : renoncez donc au moyen par lequelon y parvient. L’état ne doit pas rester sans défenseurs, je lesais ; mais ses vrais défenseurs sont ses membres. Tout citoyendoit être soldat par devoir, nul ne doit l’être par métier. Tel futle système militaire des Romains ; tel est aujourd’hui celui desSuisses ; tel doit être celui de tout état libre, et surtout de la Po-logne. Hors d'état de solder une armée suffisante pour la défen-dre , il faut qu’elle trouve au besoin cette armée dans ses habi-tants. Une bonne milice, une véritable milice bien exercée, estseule capable de remplir cet objet. Cette milice coûtera peu dechose à la république, sera toujours prête à la servir, et la ser-vira bien, parcequ’enfin l’on défend toujours mieux son proprebien que celui d’autrui.

Monsieur le comte de Wielhorski propose de lever un régi-ment par palatinat, et de l’entretenir toujours sur pied. Ceci sup-pose qu’on licencieroit l’armée de la couronne, ou du moins l’in-fanterie; car je crois que l’entretien de ces trente-trois régimentssurchargeroit trop la république, si elle avoit outre cela l’arméede la couronne à payer. Ce changement auroit son utilité, et meparoît facile à faire ; mais il peut devenir onéreux encore, et l’onpréviendra difficilement les abus. Je ne serois pas d’avis d'épar-piller les soldats pour maintenir l’ordre dans les bourgs et vil-lages ; cela seroit pour eux une mauvaise discipline. Les soldats,surtoutceux qui sont tels par métier, ne doivent jamais être li-vrés seuls à leur propre conduite, et bien moins chargés de quel-que inspection sur les citoyens. Ils doivent toujours marcher etséjourner en corps : toujours subordonnés et surveillés, ils nedoivent être que des instruments aveugles dans les mains de leursofficiers. De quelque petite inspection qu’on les chargeât, il enrésulterait des violences, des vexations, des abus sans nombre ;les soldats et les habitants deviendraient ennemis les uns des au-tres : c’est un malheur attaché partout aux troupes réglées : cesrégiments toujours subsistants en prendraient l’esprit, et jamaiscet esprit n’est favorable à la liberté. La république romaine fut