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Tome quatrième.
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484 GOUVERNEMENT DE POLOGNE.

détruite par ses légions quand l’éloignement de ses conquêtes laforça d’en avoir toujours sur pied. Encore une fois, les Polonoisne doivent point jeter les yeux autour d’eux pour imiter ce quis’y fait même de bien. Ce bien, relatif à des constitutions toutesdifférentes, seroit un mal dans la leur. Ils doivent rechercher uni-quement ce quileurest convenable, et non pas ce que d’autres font.

Pourquoi donc, au lieu des troupes réglées, cent fois plusonéreuses qu’utiles à tout peuple qui n’a pas l’esprit de conquê -tes, n’étab!iroit-on pas en Pologne une véritable milice exacte-ment comme elle est établie en Suisse, où tout habitant est sol-dat, mais seulement quand il faut l’être? La servitude établie enPologne ne permet pas, je l’avoue, qu’on arme si tôt les paysans:les armes dans des mains serviles seront toujours plus dangereu-ses qu’utiles à l’état; mais, en attendant que l’heureux momentde les affranchir soit venu, la Pologne fourmille de villes, et leurshabitants enrégimentés pourroient fournir au besoin des troupesnombreuses dont, hors le temps de ce même besoin, l’entretienne coùteroit rien à l’état. La plupart de ces habitants, n’ayantpoint de terres, paieroient ainsi leur contingent en service, et ceservice pourroit aisément être distribué de manière à ne leur êtrepoint onéreux, quoiqu’ils fussent suffisamment exercés.

En Suisse, tout particulier qui se marie est obligé d’être fournid’un uniforme, qui devient son habit de fête, d’un fusil de cali-bre. et de tout l’équipage d’un fantassin ; et il est inscrit dans lacompagnie de son quartier. Durant l’été , les dimanches et lesjours de fêtes, on exerce ces milices selon l’ordre de leurs rôles,d’abord par petites escouades, ensuite par compagnies, puis parrégiments, jusqu’à ce que, leur tour étant venu , ils se rassem-blent en campagne, et forment successivement de petits camps,dans lesquels on les exerce à toutes les manœuvres qui convien-nent à l’infanterie. Tant qu’ils ne sortent pas du lieu de leur de-meure, peu ou point détournés de leurs travaux, ils n’ont aucunepaye; mais sitôt qu’ils marchent en campagne, ils ont le pain demunition et sont à la solde de l’état ; et il n’est permis à personned’envoyer un autre homme à sa place, afin que chacun soit exercélui-même et que tous fassent le service. Dans un état tel que laPologne, on peut tirer de ses vastes provinces de quoi remplaceraisément l'armée de la couronne par un nombre suffisant de mi-lice toujours sur pied, mais qui, changeant au moins tous les ans,et prise par petits détachements sur tous les corps, seroit peu