Band 
Tome quatrième.
Seite
494
JPEG-Download
 

494 GOUVERNEMENT DE POLOGNE.

tiou parmi les curés de village , et eu garantir uu grand nombredes mœurs crapuleuses auxquelles ils ne sont que trop sujets.

Dans cette assemblée, où l’on pourroit encore appeler des vieil-lards et notables de tous les états, on s’occuperoit à l’examen desprojets d’établissements utiles pour la province, on entendroit lesrapports des curés sur l’état de leurs paroisses et des paroissesvoisines, celui des notables sur l’état de la culture, sur celui desfamilles de leur canton ; on vérifierait soigneusement ces rap-ports ; chaque membre du comité y ajouterait ses propres obser-vations, et l’on tiendroit de tout cela un fidèle registre, dont ontirerait des mémoires succincts pour les diétines.

On examinerait en détail les besoins des familles surchargées,des infirmes, des veuves, des orphelins, et l’on y pourvoiraitproportionnellement sur un fonds formé par les contributions gra-tuites des aisés de la province. Ces contributions seraient d’autantmoins onéreuses qu’elles deviendraient le seul tribut de charité,attendu qu’on ne doit souffrir dans toute la Pologne ni mendiants,ni hôpitaux. Les prêtres sans doute crieront beaucoup pour laconservation des hôpitaux, et ces cris ne sont qu’une raison deplus pour les détruire.

Dans ce même comité, qui ne s’occuperoit jamais de punitionsni de réprimandes, mais seulement de bienfaits, de louanges etd'encouragements, on ferait, sur de bonnes informations, deslistes exactes des particuliers de tous états dont la conduite seroitdigne d’honneur et de récompense ( 1 ). Ces listes seraient en-voyées au sénat et au roi pour y avoir égard dans l’occasion, etplacer toujours bien leurs choix et leurs préférences ; et c’est surles indications des mêmes assemblées que seroient données, dansles collèges, par les administrateurs de l'éducation, les placesgratuites dont j’ai parlé ci-devant.

Mais la principale et la plus importante occupation de ce comité

C) Il faut, dans cos estimations, avoir beaucoup plus d'égard aux personnes qu’àquelques actions isolées. Le vrai bien se fait avec peu d'éclat. C'est par une conduiteuniforme et soutenue, par des vertus privées et domestiques, par tous les devoirs deson état bien remplis, par des actions enfin qui découlent de son caractère et de sesprincipes, qu'un homme peut mériter des honneurs, plutôt que par quelques grandscoups de théâtre qui trouvent déjà leur récompense dans l'admiration publique. L’os-tentation philosophique aime beaucoup les actions d'éclat ; mais tel, avec cinq ou sixactions de cette espèce, bien brillantes, bien bruyantes et bien prônées, n'a pour butque de donner le change sur son compte, et d'être toute sa vie injuste et dur impuné-ment. Donnez-nous la monnaie des grandes actions. Ce mot de femme est un mottrès judicieux.