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Tome quatrième.
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CHAPITRE XIV. 499

Car si l’on dit, Comment s’assurer qu’un roi tiré au sort ait lesqualités requises pour remplir dignement sa place? on fait uneobjection que j’ai déjà résolue, puisqu’il suffit pour cet effet quele roi ne puisse être tiré que des sénateurs à vie ; car puisqu’ilsseront tirés eux-mêmes de l’ordre des gardiens des lois, et qu’ilsauront passé avec honneur par tous les grades de la république,l’épreuve de toute leur vie et l’approbation publique dans tous lespostes qu’ils auront remplis seront des garants suffisants du mé-rite et des vertus de chacun d’eux.

Je n’entends pas néanmoins que même entre les sénateurs àvie le sort décide seul de la préférence : ce seroit toujours manqueren partie le grand but qu’on doit se proposer. Il faut que le sortfasse quelque chose, et que le choix fasse beaucoup, afin d’uncôté d’amortir les brigues et les menées des puissances étrangères,et d’eDgager de l’autre tous les palatins par un si grand intérêt àne point se relâcher dans leur conduite, mais à continuer de ser-vir la patrie avec zèle, pour mériter la préférence sur leurs con-currents.

J’avoue que la classe de ces concurrents me paroît bien nom-breuse, si l'on y fait entrer les grands-castellans presque égauxen rang aux palatins par la constitution présente ; mais je ne voispas que 1 inconvénient il y auroit à donner aux seuls palatins l’accèsimmédiat au trône. Cela feroit dans le même ordre un nouveaugrade que les grands-castellans auroient encore à passer pour de-venir palatins, et par conséquent un moyen de plus pour tenir lesénat dépendant du législateur. On a déjà vu que ces grands-cas-tellans me paraissent superflus dans la constitution. Que néan-moins , pour éviter tout grand changement, on leur laisse leurplace et leur rang au sénat ; je l’approuve. Mais, dans la gradua-tion que je propose, rien n’oblige de les mettre au niveau des pa-latins ; et comme rien n’en empêche non plus, on pourra sans in-convénient se décider pour le parti qu’on jugera le meilleur. Jesuppose ici que ce parti préféré sera d’ouvrir aux seuls palatinsl’accès immédiat au trône.

Aussitôt donc après la mort du roi, c’est-à-dire dans le moin-dre intervalle qu’il sera possible, et qui sera fixé par la loi, ladiète d’élection sera solennellement convoquée; les noms de tousles palatins seront mis en concurrence, et il en sera tiré trois ausort avec toutes les précautions possibles pour qu’aucune frauden’altère cette opération. Ces trois noms seront à haute voix dé-