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Tome quatrième.
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CHAPITRE XIV.

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Que si, au contraire, il étoit trouvé coupable d’injustice, deviolence, de malversation, et surtout d' avoir attenté à la libertépublique, sa mémoire seroit condamnée e t flétrie; son corps, privéde la sépulture royale, seroit enterré sans honneur comme cteluid'un particulier, son nom effacé du registre public des rois, et sesenfants, privés du titre de princes royaux et des prérogatives quiy sont attachées, rentreroient dans la classe des simples citoyens,sans aucune distinction honorable ni flétrissante.

Je voudrois que ce jugement se fit avec le plus grand appareil,mais qu’il précédât, s’il étoit possible, l’élection de son succes-seur, afin que le crédit de celui-ci ne pût influer sur la sentencedont il auroitpour lui-même intérêt d’adoucir la sévérité. Je saisqu’il seroit à desirer qu’on eût plus de temps pour dévoiler biendes vérités cachées, et mieux instruire le procès. Mais si l’ontardoit après l’élection, j’aurois peur que cet acte important nedevînt bientôt qu’une vaine cérémonie, et, comme il arriveroitinfailliblement dans un royaume héréditaire, plutôt une oraisonfunèbre du roi défunt qu’un jugement juste et sévère sur sa con-duite. Il vaut mieux, en cette occasion, donner davantage à lavoix publique, et perdre quelques lumières de détail, pour con-server l’intégrité et l’austérité d’un jugement qui sans cela de-viendroit inutile.

A l’égard du tribunal qui prononceroit cette sentence, je voudroisque ce ne fût ni le sénat, ni la diète, ni aucun corps revêtu dequelqueautorité dans le gouvernement, mais un ordre entier de citoyens,qui ne peut être aisément ni trompé ni corrompu. lime paroît queles cives electi , plus instruits, plus expérimentés que les servantsd ’ état , et moin s intéressés que les gardiens des lois, déjà trop voisinsdu trône, seroient précisément le corps intermédiaire où l’ontrou-veroit à la fois le plus de lumières et d’intégrité, le plus propre àne porter que des jugements sûrs et par-là préférables aux deuxautres en cette occasion. Si même il arrivoit que ce corps ne fûtpas assez nombreux pour un jugement de cette importance, j’ai-merois mieux qu’on lui donnât des adjoints tirés des servants d’é-tatquedes gardiens des lois. Enfin je voudrois que ce tribunal nefût présidé par aucun homme en place, mais par un maréchaltiré de son corps, et qu’il éliroit lui-même comme ceux des dièteset des confédérations : tant il faudroit éviter qu’aucun intérêtparticulier n’influât dans cet acte, qui peut devenir très auguisteou très ridicule, selon la manière dont il y sera procédé.