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Tome quatrième.
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504
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504 GOUVERNEMENT DE POLOGNE.

En finissant cet article de l’élection et du jugement des rois, jedois dire ici qu’une chose dans vos usages m’a paru bien cho-quante et bien contraire à l’esprit de votre constitution: c’est dela voir presque renversée et anéantie à la mort du roi, jusqu’àsuspendre et fermer tous les tribunaux, comme si cette constitu-tion tenoit tellement à ce prince que la mort de l’un fût la de-struction de l’autre. Eh! mon Dieu, ce devroitêtre exactement lecontraire. Le roi mort, tout devroit aller comme s’il vivoit en-core ; on devroit s’apercevoir à peine qu’il manque une pièce à lamachine, tant cette pièce étoit peu essentielle à sa solidité. Heu-reusement cette inconséquence ne tient à rien. Il n’y a qu’à direqu’elle n’existera plus, et rien au surplus ne doit être changé :mais il ne faut pas laisser subsister cette étrange contradiction ;car si c’en est une déjà dans la présente constitution, c’en seroitune bien plus grande encore après la réforme.

CHAPITRE XV.

Conclusion.

Voilà mon plan suffisamment esquissé : je m’arrête. Quel quesoit celui qu'on adoptera, l’on ne doit pas oublier ce que j’ai ditdans le Contrat social (*) de l'état de foiblesse et d'anarchie où setrouve une nation tandis qu’elle établit ou réforme sa constitution.Dans ce moment de désordre et d’effervescence elle est hors d’é-tat de faire aucune résistance, et le moindre choc est capable detout renverser. Il importe donc de se ménager à tout prix un in-tervalle de tranquillité, durant lequel on puisse sans risque agirsur soi-même et rajeunir sa constitution. Quoique les change-ments à faire dans la vôtre ne soient pas fondamentaux et neparoissent pas fort grands, ils sont suffisants pour exiger cetteprécaution ; et il faut nécessairement un certain temps pour sentirl’effet de la meilleure réforme, et prendre la consistance qui doiten être le fruit. Ce n’est qu’en supposant que le succès réponde aucourage des confédérés et à la justice de leur cause, qu'on peutsonger à l’entreprise dont il s’agit. Vous ne serez jamais librestant qu’il restera un seul soldat russe en Pologne, et vous sereztoujours menacés de cesser de l’être tant que la Russie se mêlerade vos affaires. Mais si vous parvenez à la forcer de traiter avec