CHAPITRE XV. 509
n’est-il qu’un tas de chimères ; mais voilà mes idées. Ce n’est pasma faute si elles ressemblent si peu à celles des autres hommes,et il n’a pas dépendu de moi d’organiser ma tête d’une autre façon.J’avoue même que, quelque singularité qu’on leur trouve, je n'vvois rien, quant à moi, que de bien adapté au cœur humain, debon, de praticable, surtout en Pologne, m’étant appliqué dansmes vues à suivre l’esprit de cette république, et à n’y proposerque le moins de changements que j’ai pu pour en corriger les dé-fauts. Il me semble qu’un gouvernement monté sur de pareilsressorts doit marcher à son vrai but aussi directement, aussi sû-rement, aussi long-temps qu’il est possible ; n’ignorant pas au sur-plus que tous les ouvrages des hommes sont imparfaits, passagerset périssables comme eux.
J’ai omis à dessein beaucoup d’articles très importants sur les-quels je ne me sentois pas les lumières suffisantes pour en bieujuger. Je laisse ce soin à des hommes plus éclairés et plus sagesque moi ; et je mets fin à ce long fatras en faisant à M. le comtede Wielhorski mes excuses de l’en avoir occupé si long-temps.Quoique je pense autrement que les autres hommes, je ne me flattepas d’être plus sage qu’eux, ni qu’il trouve dans mes rêveries rienqui puisse être réellement utile à sa patrie ; mais mes vœux poursa prospérité sont trop vrais, trop purs, trop désintéressés, pourque l’orgueil d’y contribuer puisse ajouter à mon zèle. Puisse-t-elle triompher de ses ennemis, devenir, demeurer paisible, heureuse et libre, donner un grand exemple à l’univers, et, profi-tant des travaux patriotiques de M. le comte de Wielhorski,trouver et former dans son sein beaucoup de citoyens qui luiressemblent !
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