508 GOUVERNEMENT DE POLOGNE,
quelque amour pour sou pays, quelque coanoissance de ses vraisintérêts, et quelque désir de les suivre ; car en tout temps, etsurtout dans la triste situation où les malheurs de la Polognevont la laisser, il n’y aurait rien pour elle de plus funeste qued’avoir un traître à la tête du gouvernement (*).
Quant à la manière d’entamer l’œuvre dont il s’agit, je ne puisgoûter toutes les subtilités qu’on vous propose pour surprendreet tromper en quelque sorte la nation sur les changements à faireà ses lois. Je serais d’avis seulement, en montrant votre plan danstoute son étendue, de n’en point commencer brusquement l’exé-cution par remplir la république de mécontents, de laisser en placela plupart de ceux qui y sont, de ne conférer les emplois selon lanouvelle réforme qu’à mesure qu’ils viendront à vaquer. N’ébran-lez jamais trop brusquement la machine. Je ne doute point qu’unbon plan une fois adopté ne change mêmeTesprit de ceux qui au-ront eu part au gouvernement sous un autre. Ne pouvant créertout d’un coup de nouveaux citoyens, il faut commencer par ti-rer parti de ceux qui existent ; et offrir une route nouvelle à leurambition, c’est le moyen de les disposer à la suivre.
Que si, malgré le courage et la constance des confédérés etmalgré la justice de leur cause, la fortune et toutes les puissancesles abandonnent, et livrent la patrie à ses oppresseurs... Mais jen’ai pas l’honneur d’être Polonois, et, dans une situation pareilleà celle où vous êtes, il n’est permis de donner son avis que parson exemple.
Je viens de remplir selon la mesure de mes forces ( et plût àDieu que ce fût avec autant de succès que d’ardeur) la tâche queM. le comte de Wielhorski m’a imposée. Peut-être tout ceci
Lorsqu'il écrivoit ccci, Rousseau ignoroit que, dès le mois d'avril 1770, les chefsde la confédération avaient déclaré la vacance du trône et promulgué l'interrègne.Instruit postérieurement de ce l'ait, il aura sans doute supprimé lui-même, dans lemanuscrit qui a servi de texte aux éditeurs de Genève, les trois alinéa ci-dessus, où ilest question de Poniatowski. — Quoi qu'il en soit, ces trois alinéa forment l 'uniquemorceau dont nous avons parlé dans notre Avertissement, et qui a été imprimé pourla première fois dans l'édition <le 1801, sur le précieux, manuscrit, dit l'éditeur, ducomte de Mirabeau. jSous sommes disposé à croire et à l'existence de ce manuscrite!ü son authenticité, quoique nous n’en commissions pas le dépositaire actuel; aussi n*a-vons-nous pas hésité à insérer ce même morceau dans cette édition. Mais ce qu'il y ade singulier, c’est que l’éditeur cite en preuve de son assertion à ce sujet le Cataloguede Mirabeau,et que dans ce catalogue, imprimé en 1791, et que nous avons examinéavec soin, il n’est fait aucune mention du manuscrit dont il s’agit. Cette circonstanceest de nature à laisser encore dans l’esprit des lecteurs un doute que nous sommeshors d’é tat d'éclaircir,, et que la représentation du manuscrit lui-même pourroit seuledissiper’.