LETTRES A M. BUTTAFÜOCO. 513
Mais cela suppose un plan déjà fait, et c'est pour tracter ce planmême qu’il faut le plus méditer. D’ailleurs il est à craindre qu’unétablissement imparfait ne fasse plus sentir ses embarras que sesavantages, et que cela ne dégoûte le peuple de l’achever. Voyonstoutefois ce qui se peut faire : les mémoires dont j’ai besoin reçus,il me faut bien six mois pour m’instruire, et autant au moinspour digérer mes instructions ; de sorte que, du printemps pro-chain en un an, je pourrois proposer mes premières idées sur uneforme provisionnelle, et au bout de trois autres années mon plancomplet d’institution. Comme on ne doit promettre que ce quidépend de soi, je ne suis pas sûr de mettre en état mon travailen si peu de temps ; mais je suis si sûr de ne pouvoir l’abréger,que, s’il faut rapprocher un de ces deux termes, il vaut mieuxque je n’entreprenne rien.
Je suis charmé du voyage que vous faites en Corse dans cescirconstances; il ne peut que nous être très utile. Si, comme jen’en doute pas, vous vous y occupez de notre objet, vous verrezmieux ce qu’il faut me dire que je ne puis voir ce que je dois vousdemander. Mais permettez-moi une curiosité que m’inspirent l’es-time et l’admiration. Je voudrois savoir tout ce qui regardeM. Paoli : quel âge a-t-il? est-il marié? a-t-il des enfants? où a-t-il appris l’art militaire? comment le bonheur de sa nation l’a-t-il mis à la tête de ses troupes? quelles fonctions exerce-t-il dansl’administration politique et civile ? ce grand homme se résoudroit-ilà n’étreque citoyen dans sa patrie, après en avoir été U sauveur?Surtout parlez-moi sans déguisement à tous égards; la gloire, lerepos, le bonheur de votre peuple, dépendent ici plus de vous quede moi. Je vous salue, monsieur, de tout mon cœur.
MÉMOIRE JOINT A CETTE REPONSE.
Une bonne carte de la Corse, où les divers districts scient mar-qués et distingués par leurs noms , même, s’il se peut, par descouleurs.
Une exacte description de l’île ; son histoire naturelle, ses pro-ductions, sa culture, sa division par districts ; le nombre,, ],a gran-deur, la situation des villes, bourgs, paroisses ; le dénombrementdu peuple aussi exact qu’il sera possible; l’état des fertesresses,des ports ; l’industrie, les arts, la marine ; le commerce <ju’ on fait,celui qu’on pourroit faire, etc.
Quel est le nombre, le crédit du clergé? quelles sont ses nflaxi-