718 VISION DE PIERRE DE LA MONTAGNE.
9. Tu t'obstines à rejeter les miracles: et que t’importent lesmiracles? Puisqu’au surplus tu crois à la loi sans eux, n’en parlepoint, et ne scandalise plus les foibles.
10. Et lorsque toi, Pierre Du val, dit Pierrot des dames, aurasdit ces paroles à ton frère errant Jean-Jacques, il sera saisi d’é-tonnement.
11 . Et voyant que toi, qui es un brutal et un stupide, tu luiparles raisonnablement et honnêtement, il sera frappé de ce pro-dige, et il reconnoîtra le doigt de Dieu ;
12 . Et, se prosternant en terre, il dira : Voilà mon frère Pier-rot des dames qui prononce des discours sensés et honnêtes ; monincrédulité se rend à ce signe évident. Je crois aux miracles, caraucun n’est plus grand que celui-là.
13. Et tout le Val-de-Travers, témoin de ce double prodige,entonnera des cantiques d’allégresse ; et l’on criera de toutes partsdaus les six communautés : Jean-Jacques croit aux miracles, etdes discours sensés sortent de la bouche de Pierrot des dames.Le Tout-Puissant se montre à ses œuvres : que son saint nom soitbéni !
14. Alors, confus d'avoir insulté un homme paisible et doux ,ils s'empresseront à lui faire oublier leurs outrages ; et ils l’aime-ront comme leur proche, et il les aimera comme ses frères ; descris séditieux ne les ameuteront plus; l'hypocrisie exhalera sonfiel en vains murmures, que les femmes mêmes n’écouteront point;la paix de Christ régnera parmi les chrétiens, et ie scandale seraôté du milieu d’eux.
15. C’est ainsi que j’avois parlé à Pierre Duval, dit Pierrot desdames, lorsque je daignai le choisir pour porter ma parole à sonfrère errant.
16. Mais, au lieu d'obéir à la mission que je lui avois donnée, etd’aller trouver Jean-Jacques, comme je le lui avois commandé, ils'est défié de ma promesse, et n'a pu croire au miracle dont ildevoit être l’instrument ; féroce comme l’onagre du désert, ettêtu comme la mule d’Edom, il n’a pu croire qu’on pût mettredes discours persuasifs dans sa bouche , et s’est obstiné dans sarébellion.
17. C'est pourquoi, l’ayant rejeté, je t’ordonne à toi, Pierre dela Montagne, dit le Voyant, d’écrire cet anathème, et de le luiadresser, soit directement, soit par le public, à ce qu’il n’en pré-tende cause d’ignorance, et que chacun apprenne, par l’accom-