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Tome huitième.
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CORRESPONDANCE.

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meuter la canaille, et de se faire chefs de bandits. Celte voie estassez bonne avec les peuples de ce vallon. Quoi qu’il en soit, jeles mets au pis. Dans le zèle qui les dévore, ils pourront me faireassassiner; mais très sûrement ils ne me feront pas fuir. Il y acependant long-temps que j’ai résolu d’aller m'établir dans le basparmi les hommes; mais j’attendrai que les loups enragés d’iciaient achevé de hurler et de mordre. Après cela, s’ils me laissentvivre, je les quitterai. Qu’un autre étranger y tienne, s'il peut,trois ans, comme j’ai fait, et puis qu’il eu dise des nouvelles.

a vi. d’ivebnois.

Motiers, le 30 mai 1763.

Je suis très inquiet de vous, monsieur. Suivant ce que vousm’aviez marqué, j’ai suspendu mes courses et mes affaires pourrevenir vous attendre ici dès le 20 : cependant ni moi ni personnen’avons entendu parler de vous. Je crains que vous ne soyez ma-lade; faites-moi du moins écrire deux mots, par charité.

Il m’est impossible de vous attendre plus long-temps que deuxou trois jours encore ; mais je ne serai jamais assez éloigné d’icipour que, lorsque vous y viendrez, nous ne puissions pas nousjoindre. On vous dira chez moi où je serai ; et, selon vos arrange-ments de route, vous viendrez, ou l’on m’enverra chercher.

Voici, monsieur, deux lettres pour Gênes, auxquelles je vousprie de donner cours, en faisant affranchir s’il est nécessaire. .T’at-tends de vos nouvelles avec la plus grande impatience, et vousembrasse de tout mon cœur.

A M. KLUPFFEL.

Motiers, mai 1765.

Ce n’est pas, mon cher ami, faute d’empressement à vous ré-pondre que j’ai différé si long-temps : mais les tracas dans les-quels je me suis trouvé, et un voyage que j’ai fait à l’autre ex-trémité du pays, m’ont fait renvoyer ce plaisir à un momentplustranquille. Si j’avois fait le voyage de Berlin, j’aurois pensé queje passois près d’un ancien ami, et je me serois détourné pour al-ler vous embrasser. "Un autre motif encore m’eût attiré dans vo-tre ville : c’eût été le désir d’ètre présenté par vous à madame laduchesse de Saxe-Gotha, et de voir de près cette grande prin-cesse, qui, fût-elle personne privée, feroit admirer son esprit et