CORRESPONDANCE.
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n’est question que d’une nuit, pour ne pas nous séparer nouscoucherons à l’auberge. Lundi, j’irai avec M. d’Ivernois faireune promenade, d’où nous serons de retour le lendemain. M. d’I-vernois continuera son voyage, et moi j’irai avec mademoiselleLe Vasseur voir la maison de Cressier. Nous pourrons y séjour-ner un jour ou deux , si nous trouvons des lits , pour avoir letemps d’aller voir l’ile ; puis nous reviendrons. Mademoiselle LeVasseur s'en retournera à Motiers , et moi j’attendrai près devous que nous puissions faire la caravane du Creux-du-Veut,après quoi chacun s’en retournera à ses affaires.
Comme la petite course que je dois faire avec M. d'Ivernoisme rapproche du pont de Thielle , je pourrais de là me rendredirectement à Cressier , et mademoiselle Le Vasseur s’y rendreaussi, de son côté, si elle trouvoit une voiture ou que vous pus-siez lui en prêter une.
Tous ces arrangements un peu précipités sont inévitables; sansquoi, restant ici quelques jours encore, je suis intercepté poul-ie reste de la belle saison. Il faut même, en supposant leur exécu-tion possible , que le secret en demeure entre nous , sans quoinous serons poursuivis , où que nous soyons, par les gens quime viendront voir, et qui, ne me trouvant pas ici, me cherche-ront où que je sois. Au reste , mon état est si sensiblement em-piré depuis mon retour ici, que je crains beaucoup d’y passerl’hiver, et que, malgré tous les embarras, si Cressier peutêtre prêt au commencement d’octobre, je suis déterminé à m’ytransplanter.
Je vous écris à la hâte , mon très cher hôte , accablé de petitstracas qui m’excèdent. Comme mon voyage dépend du temps,qui paraît se brouiller, il n’est pas sûr que j’arrive demain àNeuchâtel. A tout événement, vous pourriez envoyer demainau soir à la Couronne, et, si j’y suis arrivé , m’y faire passervos observations sur les arrangements proposés ; car, commej’arriverai le soir, pour repartir le matin, je ne veux pasmême qu’on me voie dans les rues. Je vous embrasse de toutmon cœur.
AU MÊME.
A l'ile de la Motte, le 4 juillet 1763.
Je suis , mon cher hôte et mon ami, dans l’ile, et je comptey rester quelques jours, jusqu’à ce que j’y reçoive de vos nou-