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Tome huitième.
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ANISÉE 1765. 73

ser plus long-temps de vous voir. Ainsi vous pouvez attendrevotre hôte au plus tard sur la fin de la semaine, à moins que d’icià ce temps je n’aie de vos nouvelles. Si vous pouviez venir à che-val jusqu’ici, je ne doute pas que l’excellent air, la beauté dupaysage, et la tranquillité du pays, ne vous fit toutes sortes debiens, et que vous ne vous y rétablissiez plus promptementqu’où vous êtes.

Je n’écris point à M. le colonel, parceque je ne sais s il est àNeuchâtel ou à sa montagne ; mais je vous prie de vouloir bienlui dire ou lui marquer que je ne connois pas assez M. Fischerpour le juger ; que M. le comte de Dohna, qui a vécu avec lui plusque moi, doit en mieux juger ; et qu’un homme ne se juge pasainsi de la première vue. Tout ce que je sais , c'est qu’il a desconnoissances et de l’esprit ; il me paroît d’une humeur complai-sante et douce ; sa conversation est pleine de sens et d’honnêteté;j’ai même vu de lui des choses qui paraissent m’annoncer desmœurs et de la vertu. Quand il n’est question que de voyageravec un homme, ce serait être difficile de demander mieux quecela.

Au peu que j’ai vu sur la botanique, je comprends que je re-partirai d’ici plus ignorant que je n’y suis arrivé, plus convaincudu moins de mon ignorance , puisqu’en vérifiant mes connois-sances sur les plantes, il se trouve que plusieurs de celles que jecroyois connoitre, je ne les connoissois point. Dieu soit loué !c’est toujours apprendre quelque chose, que d’apprendre qu’onne sait rien. Le messager attend et me presse ; il faut finir. Bon-jour , mon cher hôte ; je vous embrasse de tout mon cœur.

AU MÊME.

Moticvs, le 29 juin 1763.

Savez-vous, mon cher hôte , que vous me gâtez si fort, qu’ilm’est désormais fort pénible de vivre éloigné de vous . epuudeux jours que je suis de retour, il m’ennuie déjà dene point vousvoir. Je songe, en conséquence, à redescendre dès demain, evoici un arrangement qui fait à présent mon château en spagne , et qui se réalisera ou se réformera selon que le emps,votre santé et votre volonté me le permettront.

Si le temps se remet aujourd’hui, nous descendions demain,M. d’Ivernois, mademoiselle Le Vasseur, et moi ; et, comme i