CORRESPONDANCE.
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tous les jours ; je n’ai plus que du foin dans la tête : je vaisdevenir plante moi-même un de ces matins, et je prends déjàracine à Motiers, en dépit de l’archiprêtre, qui continue d’ameuterla canaille pour m’en chasser.
J’ai grande envie de voir M. de Conzié, mais je ne comptepas pouvoir aller à sa terre pour cette année : j’ai regret auxplaisirs dont cela me prive ; mais il faut céder à la nécessité.
Les lettres de l'archiprêtre sont, à ce qu’on dit, imprimées ;je ne sais pourquoi elles ne paraissent pas. Il est étonnant que vousayez cru que je lui ferais l’honneur de lui répondre ; serez-voustoujours la dupe de ces bruits-là ?
Mes respects à madame d’Ivernois. Recevez ceux de made-moiselle Le Vasseur, et les salutations de celui qui vous aime.
A MADEMOISELLE d’iVERNOTS.
Motiers, le 1 er août 1763.
Vous me remerciez, mademoiselle, du présent que vous mefaites ; et moi je devrais vous le reprocher : car si je vous faisaimer le travail, vous me faites aimer le luxe : c’est rendre lemal pour le bien. Je puis, il est vrai, vous remercier d’un autremiracle aussi grand et plus utile : c’est de me rendre exact à ré-pondre, et de me donner du plaisir à l’être. J’en aurai toujours,mademoiselle, à vous témoigner ma reconnoissance et à méritervotre amitié.
Mes respects, je vous en prie, à la très bonne maman.
A M. DU PEYROU (*)
Motiers-Travcrs, le 8 août 1763.
Non, monsieur, jamais, quoi que l’on en dise, je ne me re-pentirai d’avoir loué M. de Montmolün. J’ai loué de lui ce que
O Dans cette lettre Rousseau n'appelle point Du Peyrou mon cher hàle, parce-qn'elle est écrite exprès pour être rendue publique. Déjà, sans se nommer, et sous tetitre de Lettres à M'*', Du Pcyrou avoit, de concert avec Rousseau et guidé par lui,comme on l’a vu par les lettres précédentes des 12, ta et 22 avril, publié dans le mêmemois l’apologie de son ami, apologie à laquelle Montmollin avoit répliqué longuementet avec violence, sous le titre de Réfutation du libelle intitulé Letthe a M"'. c'estde cet écrit de Montmollin qu’il est question dans le cours de la présente lettre. En-couragé par celle-ci, et décidé, d'après le conseil de Rousseau, à ne plus gavder l'ano-nyme, Du Peyrou publia, dans le mois d'août suivant, et sous le titre de Lettre àmilord comte de Lfemiss, une seconde lettre à l’appui de sa première; et dans lespièces justificatives qu'il y joignit il fit entrer la lettre de Rousseau reproduite ici.Enfin, en septembre suivant, peu de jours après la lapidation de Motiers, et sous le