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Tome huitième.
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ANNÉE 17G5. 97

et je reconnoitrai les soins du véritable ami; autrement non.

M. Marcuard est venu lui cinq ou sixième : j’étois malade, jen’ai pu le voir ni lui ni sa compagnie. Je suis bien aise de savoirque les visites que vous me forcez de faire m’en attirent. Mainte-nant que je suis averti, si j’y suis repris ce sera ma faute.

Votre M. de Fournière, qui part de Bordeaux pour me venirvoir, ne s’embarrasse pas si cela me convient ou non. Comme ilfait tous ses petits arrangements sans moi, il ne trouvera pasmauvais, je pense, que je prenne les miens sans lui.

Quant à M. Liotard , son voyage ayant un but déterminé quise rapporte plus à moi qu’à lui, il mérite une exception, et il l’aura.Ces grands talents exigent des égards. Je ne réponds pas qu’ilme trouve en état de me laisser peindre, mais je réponds qu’ilaura lieu d’ètre content de la réception que je lui ferai. Au reste,avertissez-le que, pour être sûr de me trouver, et de me trouverlibre, il ne doit pas venir avant le 4 ou le 5 de septembre.

Je suis étonné du front qu’a eu le sieur Durey de se présenterchez vous, sachant que vous m’honorez de votre amitié. Je ne saiss’il a fait ce qu’il vous a dit : mais je suis bien sur qu’il ne vous apas dit tout ce qu’il a fait. C’est le dernier des misérables.

J’ai vu depuis quelque temps beaucoup d’Anglois; mais\I. Wilkes n'a pas paru, que je sache. Je vous embrasse de toutmon cœur.

A M. MOULTOU.

Moliers, le 13 août (763.

J’ai tort, cher Moultou, de ne vous avoir pas accusé sur-le-champ la réception de l’argent et de l’étoffe. Je n’ai que mon étatpour excuse; mais cette excuse n’est que trop bonne malheureu-sement. Cet état est toujours le même, et ma seule consolationest qu’il ne peut plus guère changer en pis. Il n’y a plus aucuneapparence au voyage d’Écosse. C’étoit là quej’aurois voulu vivre;mais tout pays est bon pour mourir, excepté toutefois celui-ci,quand on laisse quelque chose après soi.

Je crois que vous avez bien fait de vous détacher de Vernes.Les gens faux sont plus dangereux amis qu’ennemis : d’ailleursc est une petite perte; je lui ai toujours trouvé peu d’esprit avecbeaucoup de prétention : mais je l’aimois, le croyant bon homme.Jugez comment j’en dois penser aujourd’hui que je sais qu’il n’estqu’un méchant sot. Cher ami, ne me parlez plus de lui, je vous