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Tome huitième.
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98 COBBESPONDA.NCE.

prie; ne joignons pas aux sentiments douloureux des idées déplai-santes : la paix de l’ame est le seul bien qui reste à ma portée, etle plus précieux dont je puisse jouir; je m’y tiens. J’espère qu’àma dernière heure le scrutateur des cœurs ue trouvera dans lemien que la justice et l’amitié.

Puisque vous n’avez pas voulu déduire ni me marquer le prixde la laine, comme je vous en avois prié, j’exige au moins quevous ne vous mêliez plus des autres commissions de mademoi-selle Le Vasseur, qui me charge de vous présenter ses remercî-ments et ses respects. Pour moi, dans l'état où je suis, à moinsqu’il ne change, il ne me faut plus d’autres provisions que cellesqu’on peut emporter avec soi. Bonjour, mon ami ; je vous em-brasse.

A M. D’iVEBXOrS.

Motiers, le 23 août 1763.

Engagez, monsieur, je vous en prie, M. Liotard non seulement àvenir seul, à moins qu’il ne lui soit extrêmement agréable de ve-nir avec M. Wilkes, mais à différer son départ jusqu’au moisd’octobre : car, en vérité, l’on ne me laisse plus respirer. Il m’estabsolument nécessaire de reprendre haleine ; et lorsqu’une com-pagnie que j’attends à la fin de ce mois sera repartie, je seraiforcé de partir moi-même pour quelque temps, pour éviter quel-ques unes des bandes qui me tombent, non plus par deux ou trois,comme autrefois, mais par sept ou huit à la fois-

Vous avez eu bien tort d’imaginer que je voulusse cesser devous écrire, puisque l’exception est faite pour vous depuis long-temps. Il est vrai que je voudrais que cela 11e devint une tâcheonéreuse ni pour vous ni pour moi. Écrivons à notre aise, et quandnous en aurons la commodité. Mais si vous voulez m’asservir régu-lièrement à vous écrire tous les huit ou quinze jours, je vous dé-clare une fois pour toutes que cela ne m’est pas possible; et,quand vous vous plaindrez de m’avoir écrit tant de lettres sansréponse, vous voudrez bien vous tenir pour dit une fois pour tou-tes : Pourquoi m’en écrivez-vous tant?

Tout en vous querellant j’abuse de votre complaisance. Voiciune réponse pour Venise : vous m’avez dit que vous pourriez lafaire tenir; ainsi je vous l’envoie sans savoir l’adresse. Ceux quiont remis la lettre à laquelle celle-ci répond y suppléeront. Jevous embrasse de tout mon cœur.