104 CORRESPONDANCE,
quelque chose à M. Sturler, j’avoue que je n’en serois pas fâché,quand ce ne seroit que pour savoir au juste les vrais sentimentsde leurs Excellences à ce sujet; car enfin il seroit désagréabled’avoir fait beaucoup de dépense pour m’accommoder ici, et d’êtreobligé d’en partir au printemps.
Je voiulrois de tout mon cœur complaire à M. d’Escherny :mais convenez qu’il n’auroit guère pu prendre plus mal son tempspour mettre en avant cette affaire. D’ailleurs ce n’est point ici lemoment d’en parler, pour des raisons qui ne regardent ni milordni M. d’Escherny, ni moi, et dont je vous ferai confidence quandnous nous verrons, sous le sceau du secret. Ainsi je suis prêt àrenvoyer à M. d'Eseherny ses papiers, s’il est pressé : s’il ne l’estpas, le temps peut venir d’en faire usage, et alors il doit être surde ma bonne volonté; mais je ne puis rien promettre au-delà.
En parcourant votre ouvrage, j’avois trouvé quelques correc-tions à faire ; mais le relisant à la hâte, je n’en ai su retrouver quetrois, marquées dans le papier ci-joint.
Voici quelques notes de commissions qui ne pressent point, etdont vous ferez celles que vous pourrez lorsque vous viendrezici, puisque vous me flattez de venir bientôt :
1° Les deux rasoirs que vous m’avez donnés sont déjà gâtés,soit par la maladresse de mes essais, soit à cause de l’extrêmerudesse de ma barbe ; il m’en faudroit au moins encore quatre,afin que je n’eusse pas sans cesse recours à des expédients trèsincommodes dans ma position, pour les faire repasser. Maispeut-être les faudroit-il un peu moins fins pour une si fortebarbe.
2 ° J’aurois besoin d’un cahier de papier doré pour mes her-biers ; je préfércrois du papier doré en plein à celui qui a des ra-mages.
J’ai peine à me désaccoutumer tout d’un coup de lire la ga-zette, et à ne plus rien savoir des affaires de l’Europe. Commevous prenez et gardez, je crois, quelque gazette, si M. Jeanninvouloit bien me les envoyer suite après suite dans les occasions,je serois très attentif à n’en point égarer, et à les lui renvoyer demême. Je ne me soucie point des gazettes récentes, ni d’avoir sou-vent des paquets; il me suffira seulement qu’il n’y ait point d’in-terruption dans la suite ; du reste, le temps n’y fait rien. J’ai cesséde les lire depuis le 1 er septembre.
Dans l’accord pour ma pension, il entre entre autres choses une