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Tome huitième.
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ANNÉE 1765. 103

A l’éloge que vous faisiez de ces gens-là, je croyois qu’ils alloientétouffer ce monstre entre deux matelas. Tant qu’il ne s’est mon-tré que demi-coquin, ils ont paru le désapprouver ; mais, depuisqu’il s'est fait ouvertement chef de brigands, les voilà tous sessatellites. Que Dieu vous délivre d’eux, et moi aussi! Tirez-vousde leurs mains comme vous pourrez, et tenons-nous désormaisbien loin de pareilles gens.

Ali MÊME.

Mardi soir, 13 octobre.

Voici, mon cher hôte, deux lettres auxquelles je vous prie devouloir bien donner cours. J’ai reçu, avec la vôtre du 9, la petitecaisse et le café, sur lequel vous m’avez bien triché, puisque laquantité en est bien plus forte que celle en échange de laquellej’envoyois les pommes.

J’apprends avec bien de la peine et tous vos tracas et les ma-ladies successives de tous vos gens, surtout de M. Jeannin, quivous est toujours fort utile, et qui mérite qu’on s’intéresse pourlui. Je vous avoue, au reste, que je ne suis pas fâché que la né-gociation en question se soit rompue, surtout par la faute de ceSacripant ; car j’étois presque sûr d’avance de ce qu’il auroit écritef dit àtout le monde au sujet du juste désaveu que vous exigiez,et qu’il n’auroit pas manqué de donner pour un acte de sa com-plaisance envers sa famille, que vous aviez intéressée pour voustirer d’embarras. Je serais assez curieux de savoir ce qui s’est faitdans le conseil de samedi, fort inutilement au reste, puisque cesmessieurs n’ont aucune force pour faire valoir leur autorité, etque tout aboutit à des arrêts presque clandestins, qu’on ignoreou dont on se moque.

J’ai vu ici M. l’intendant de l’hôpital, à qui M. Sturler avoiteu la bonté d’écrire, et qui lui a manifesté de meilleures inten-tions que celles que je lui crois en effet. .T’ai poussé jusqu’à labassesse des avances pour captiver sabienveillance, qui me parais-sent avoir fort mal réussi. Ce qui me console est que mon séjourici ne dépend pas de lui, et qu’il n’osera peut-être pas témoignerla mauvaise volonté qu’il peut avoir, voyant qu’en général on nev °it pas à Berne de mauvais œil mon séjour ici, et que M. le baillide Nidau paraît aussi m’y voir avec plaisir. Je ne sais s’il con-fient de faire cette confidence à M. Chaillet, dont le zèle est quel-quefois trop impétueux. Mais si vous aviez occasion d’en toucher