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Tome huitième.
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ANNÉE 1765.

10'J

AU MÊME.

Eicnnc, lundi 28 octobre 176'i.

On m'a trompe, mon cher hôte : je pars demain malin avant(lu’on me chasse. Donnez-moi de vos nouvelles à Mie. Je vousrecommande ma pauvre gouvernante. Je ne puis écrire à per-sonne , quelque désir que j’en aie ; je n’ai pas même le temps derespirer, ni la force. Je vous embrasse.

AU MÊME.

A Bâle, 30 octobre.

J’arrive malade, mais sans grand accident. M. de I.uze a eusoin de me pourvoir d’une chambre, sans quoi je n’en aurois pointtrouvé, vu la foire. Je partirai pour Strasbourg le plus tôt qu'ilme sera possible, peut-être dès demain ; mais je suis parfaite-ment sùr maintenant qu’il m’est totalement impossible de soute-nir à présent le voyage de Berlin. J’ignore absolument ce que jeferai ; je renvoie à délibérer à Strasbourg. Je souhaite fort d’y re-cevoir de vos nouvelles. Je compte loger à i’£s/vtï,chezM.Weisse;cependant, n’étant encore bien sùr de rien, ne m’écrivez à cetteadresse que ce qui peut se perdre sans inconvénient. Mon cherliùte, aimez-moi toujours. Je vous aime et vous embrasse de toutmon cœur.

A M. DF. LUZE.

Straslxnivg, le 4 novembre 1703.

.l’arrive, monsieur, du plus détestable voyage, à tous égards,que j’aie fait de ma vie. J’arrive excédé, rendu ; mais enfin j’ar-rive, et, grâces à vous, dans une maison où je puis me remettre etreprendre haleine à mon aise, car je ne puis songer à reprendrede long-temps ma route; et si j’en ai encore une pareille à celleque je viens de faire, il me sera totalement impossible de la sou-tenir. Je ne me prévaux point si tôt de votre lettre pour M. Zolli-eoffer ; car j aime fort le plaisir de prince de garder l’incognito leplus long-temps qu’on peut. Que ne puis-je le garder le reste dema vie! je serois encore un heureux mortel. Je ne sais, nu reste,comment m’accueilleront les François; mais s’ils font tant que deme chasser, ils ne choisiront pas le temps que je suis malade, ets’y prendront moins brutalement que les Bernois. Je suis d’une