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Tome huitième.
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ANNÉB 1765. 117

maréchal, mon protecteur, mou ami, mon père; c’est celui demadame de Boufflers, dont la bienveillance éclairée me guide au-tant qu’elle me console ; enfin; j’ose dire, c'est celui de mon cœur,qui se plaît à devoir beaucoup au plus illustre de mes contempo-rains, dont la bonté surpasse la gloire. Je soupire après une re-traite solitaire et libre, où je puisse finir mes jours en paix. Si vossoins bienfaisants me la procurent, je jouirai tout ensemble et duseul bien que mon cœur desire, et du plaisir de le tenir de vousJe vous salue, monsieur, de tout mon cœur.

A M. DE LUZE.

Paiis, le 16 décembre 1763,

J’arrive chez madame Duchesne plein du désir de vous voir,de vous embrasser, et de concerter avec vous le prompt voyagede Londres, s'il y a moyen. Je suis ici dans la plus parfaite sû-reté; j’en ai en poche l’assurance la plus précise (*). Cependant,pour éviter d’être accablé, je veux y rester le moins qu’il me serapossible, et garder le plus parfait incognito, s’il se peut : ainsi neme décelez, je vous prie, à qui que ee soit. Je voudrois vous allervoir ; mais, pour ne pas promener mon bonnet dans les rues, jedesire que vous puissiez venir vous-même le plus tût qu’il sepourra. Je vous embrasse, monsieur, de tout mon cœur (**).

a m. nu rEvnou.

Taris, le 17 décembre 1765.

J’arrive d’hier au soir, mon aimable hôte et ami. Je suis venuen poste, mais avec une bonne chaise, et à petites journées. Ce-pendant j’ai failli mourir en route ; j’ai été forcé de m’arrêter àEpernay, et j’y ai passé une telle nuit, que je n’espérois plus rc-

H U avoit un passe-port du ministre bon pour trois mois.

(“) Cette intention si formelle de garder le plus parfait incognito, et 1 empresse-ment que nous lui verrons bientôt montrer de quitter celhéâlre public.(lettre ci-aprèsdu 26 décembre), suffiroicnt pour démentir ce tpii est raconté à ce sujet dans la cor-respondance de Grinmi.

« Rousseau est revenu à Paris le 17 décembre. I.e lendemain il s’est promené au« Luxembourg en habit arménien... U s’est aussi promené tous les jours à une certaine■ heure sur le;boulcvard, dans la partie la plus proche de son logement. Cette affecla-« tion de se montrer en public sans nécessité, en dépit du décret de prise do corps, a« choqué le ministre, qui avoit cédé aux instances de ses protecteurs, cil lui accordant* la permission de traverser le royaume pour se rendre en Angleterre. On lui a fait« dire par la police de partir sans antre délai, s’il ne vouloit être arrêté. En conséquence« il quittera Paris samedi t janvier, accompagné de D Hume. •

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