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Tome huitième.
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CORRESPONDANCE.

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voir le jour : toutefois me voici à Paris dans un état assez pas-sable. Je n’ai vu personne encore, pas même M. de Luze, maisje lui ai écrit eu arrivant. J’ai le plus grand besoin de repos: jesortirai le moins que je pourrai. Je ne veux pas m’exposer de-rechef aux diners et aux fatigues de Strasbourg. Je ne sais si>1. de Luze est toujours d’humeur de passer à Londres: pourmoi, je suis déterminé à partir le plus tôt qu’il me sera possible,et tandis qu’il me reste encore des forces, pour arriver enfin enlieu de repos.

Je viens en ce moment d’avoir la visite de M. de Luze, qui m’aremis votre billet du 7, daté de Berne. J’ai écrit en effet la lettreà M. le bailli de Nidau ; mais je ne voulus point vous en parler,pour ne point vous affliger : ce sont, je crois, les seules réticences,que l’amitié permette.

Voici une lettre pour cette pauvre fille, qui est à l’île : je vousprie de la lui faire passer le plus promptement qu’il se pourra ;elle sera utile à sa tranquillité. Dites, je vous supplie, à madamela commandante (*) combien je suis touché de son souvenir, et del’intérêt qu’elle veut bien prendre à mon sort. J’aurois assuré-ment passé des jours bien doux près de vous et d’elle; mais jen’étois pas appelé à tant de bien. Faute du bonheur que je nedois plus attendre, cherchons du moins la tranquillité. Je vousembrasse de tout mon cœur.

a m. d’ivernois.

Paris, le (8 décembre I7C3.

Avant-hier au soir, monsieur, j’arrivois ici très fatigué, trèsmalade, ayant le plus grand besoin de repos. Je n’y suis pointincognito, et je n’ai pas besoin d’y être : je ne me suis jamais ca-ché, et je ne veux pas commencer. Comme j’ai pris mon parti surles injustices des hommes, je les mets au pis sur toutes choses,et je m’attends à tout de leur part, même quelquefois à ce qui estbien. J’ai écrit en effet la lettre à M. le bailli de Nidau ; mais lacopie que vous m’avez envoyée est pleine de contre-sens ridiculeset de fautes épouvantables. On voit de quelle boutique elle vient.Ce n’est pas la première fabrication de cette espèce, et vous pou-vez croire que des gens si fiers de leurs iniquités ne sont guèrehonteux de leurs falsifications. 11 court ici des copies plus fidèles(*) C'étoit la mère de l)u Peyrou, veuve d'un commandant de Surinam.