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Tome huitième.
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ANNÉE 1766. 129

Je vous avoue que je n’aime pas trop votre correspondanteavec M. Misoprist, et surtout l’impression dont vous vous char-gez. Je ne reconnois pas là votre sagesse ordinaire. Ignorez-vousque jamais homme n’eut avec Voltaire des affaires de cette espècequ’il ne s’en soit repenti? Lieu veuille qu’ainsi ne soit pas devous !

Je vous remercie de vos bons soins au sujet de MM. GuinaudetHankey. Je ne serai pas à portée, vivant à soixante lieues de Lon-dres, de leur demander de l’argent quand j’en aurai besoin. Il vau-dra mieux que vous preniez la peine de m’envoyer périodiquementdes billets ou lettres sur eux, que je pourrai négocier dans la pro-vince. Puisque mademoiselle Le Vasseur n’a pas pris les trentelouis que je vous avois laissés, vous m’obligerez de m’envoyer surces messieurs un papier de cette somme , déduction faite des di-vers déboursés que. vous avez faits pour moi. M. Hume me feraparvenir votre lettre. Je ne vois plus M. de Luze, et malheureuse-ment nous avons perdu son adresse. Je vous embrasse tendrement.Mille respects à la bonne maman, et amitiés à tous vos amis.

Comme M. Hume ne résidera pas toujours à Londres, vouspourrez faire adresser ou remettre vos lettres à M. Steivard,Yorck-Buildings, Buckingham street.

Je rouvre ma lettre pour vous dire qu'après y avoir mieuxpensé, je ne suis point d’avis que vous écrhiez cette nouvellelettre, pour éviter toute nouvelle tracasserie, surtout avec vos voi-sins. Restons en paix , mon cher hôte ; cultivez la philosophie,amusez-vous à la botanique, laissez nos ministres pour ce qu’ilssont, et surtout ne vous mêlez point de faire imprimer les écritsde Voltaire, car infailliblement vous en auriez du chagrin; maisramassez toujours les pièces qui regardent mon affaire pour l’objetque vous savez.

a m. d’ivernois.

Cliisvvick, le 29 janvier 1766.

Je suis arrivé heureusement dans ce pays; j’y ai été accueilli,et j’en suis très content ; mais ma santé, mon humeur, mon état,demandent que je m’éloigne de Londres ; et, pour ne plus enten-dre parler, s’il est possible, de mes malheurs, je vais dans peume confiner dans le pays de Galles. Puissé-je y mourir en paix !c’est le seul vœu qui me reste à faire. Je vous embrasse tendre-ment.