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Tome huitième.
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CORRESPONDANCE.

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en louant la majeure et plus saine partie du gouvernement, quia désapprouvé assez hautement ce coup fourré ; mais pour cesmanants de Bienne, ils méritent eu vérité d’ètre traînés par lesboues. Vous pourrez joindre pour nouvelles pièces justificativesles nouveaux rescritsde la cour, les arrêts du conseil-d’état, etmême les certificats donnés au sicaire, commentés en peu de mots,ou sans commentaires ; et vous pourrez parler d’une prétendue let-tre du roi de Prusse à moi adressée, et sûrement de fabricationgenevoise, qui a couru à Paris, et qui est en opposition parfaiteavec les sentiments, les discours, les reserits et la conduite du roidans toute cette affaire. Si vous voulez entreprendre ce petit travail,il faut vous presser, car nous avons fait suspendre l’impressiondu reste pour attendre ce complément, que vous pourriez envoyeraussi à Rey ; au moyen de quoi Félice et les autres fripons seroientassez penauts, voyant vos lettres, qu’ils prennent tant de peine àsupprimer, publiques en Hollande et traduites à Londres. Le su-jet est assez beau, ce me semble, et le correspondant que je vousdonne ne fournit pas moins. Je vous recommande aussi les deuxbaillis qui m’ont protégé chacun dans son gouvernement, M. deMoiry et M. de Graffenried. M. Hume croit que ma lettre à cedernier doit entrer dans les pièces justificatives. Vous pourrezfaire adresser votre paquet bien au net à M. Hume, dans Yorck-Buildings, Buckingham Street, London. S’il arrivoit que vousne voulussiez pas vous charger de cette nouvelle besogne, il fau-drait l’en avertir. Au reste, priez-le de revoir et de retoucher; ilécrit et parle le françois comme Langlois ; c’est tout dire.

Je suis absolument déterminé pour l’habitation du pays de Gal-les , et je compte m’y rendre au commencement du printemps. Enattendant l’arrivée de mademoiselle Le Vasseur, je vais habiterun village auprès de Londres, appelé Chiswick, où je l’attendraiet où nous prendrons quelques semaines de repos, car on n’en peutavoir ici par l’affluence du monde dont on est accablé. Cependantje ne rends aucune visite, et l’on ne s’en fâche pas. Les manièresangloises sont fort de mon goût ; ils savent marquer de l’estimesans flagorneries ; ce sont les antipodes du babillagede Neuchâtel.Mon séjour ici fait plus de sensation que je n’aurois pu croire.M. le prince héréditaire, beau-frère du roi, m'est venu voir, maisincognito ; ainsi n’en parlez pas. Louez, en général, le bon accueil,mais sans aucun détail. Je vous écris sans règle et sans ordre,sûr que vous ne montrez mes lettres à personne.