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Tome huitième.
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ANNÉE 1766. 151

tendant, ne dédaignez pas ma confiance ; on ne m’a pas appris àla prodiguer ; les trahisons que j’éprouve doivent lui donner quel-que prix.

A l’aUTEIR nu SAINT-J AMES C11R0MCLE.

Wootton, le 7 avril 17G6.

Vous avez manqué, monsieur, au respect que tout particulierdoit aux tètes couronnées, en attribuant publiquement au roi dePrusse une lettre pleine d'extravagance et de méchanceté, dontpar cela seul vous deviez savoir qu’il ne pouvoit être l’auteur.Vous avez même osé transcrire sa signature, comme si vous l’aviezvue écrite de sa main. Je vous apprends, monsieur, que cette let-tre a été fabriquée à Paris, et, ce qui navre et déchire moncœur, que l'imposteur a des complices en Angleterre.

Vous devez au roi de Prusse, à la vérité, à moi, d’imprimer lalettre que je vous écris et que je signe, en réparation d’une fauteque vous vous reprocheriez sans doute si vous saviez de quellesnoirceurs vous vous rendez l’instrument. Je vous fais, monsieur,mes sincères salutations.

A MADAME LA COMTESSE DE BOUFFLERS.

Wootton, le 9 avril 1766.

C’est à regret, madame, que je vais affliger votre bon cœur;mais il faut absolument que vous commissiez ce David Hume àqui vous m’avez livré, comptant me procurer un sort tranquille.Depuis notre arrivée en Angleterre, où je ne eonnois personneque lui, quelqu’un qui est très au fait, et fait toutes mes affaires,travaille en secret, mais sans relilche, à m’y déshonorer, et réus-sit avec un succès qui m’étonne. Tout ce qui vient de m’arriveren Suisse a été déguisé; mon dernier voyage de Paris et l'accueilque j’y ai reçu ont été falsifiés. On a fait entendre que j’étois gé-néralement méprisé et décrié en France pour ma mauvaise con-duite, et que c’est pour cela principalement que je n’osois m’ymontrer. On a mis dans les papiers publies que, sans la protectionde M. Hume, je n’aurois osé dernièrement traverser la Francepour m’embarquer à Calais; mais qu’il m’avoit obtenu le passe-port dont je m’étois servi. On a traduit et imprimé comme au-thentique la fausse lettre du roi de Prusse, fabriquée par d’Alem-