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Tome huitième.
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152 COBBESPONDANCE.

bert, et répandue à Paris par leur ami commun Walpole. On apris à tâche de me représenter à Londres avec mademoiselle LeVasseur, dans tous les jours qui pouvoient jeter sur moi du ridi-cule. On a fait supprimer, chez un libraire, une édition et tra-duction qui s’alloit faire des lettres de M. Du Peyrou. Dans moinsde six semaines, tous les papiers publics, qui d’abord neparloientde moi qu’avec honneur, ont changé de langage, et n’en ontplusparlé qu’avec mépris.

La cour et le public ont de même rapidement changé sur moncompte ; et les gens surtout avec qui M. Hume a le plus de liai-sons sont ceux qui se distinguent par le mépris le plus mar-qué, affectant, pour l’amour de lui, de vouloir me faire la charitéplutôt qu'honnêteté, sans le moindre témoignage d’affection nid’estime, et comme persuadés qu’il n’y a que des services d’ar-gent qui soient à l’usage d’un homme comme moi. Durant levoyage il m’avoit parlé du jongleur Tronchin comme d’un hommequi avoitfait près de lui des avances traîtresses, et dont il étoitfondé à se défier : il se trouve cependant qu’il loge à Londres avecle fils dudit jongleur, vit avec lui dans la plus grande intimité, etvient de le placer auprès de M. Michel, ministre à Berlin, où cejeune homme va sans doute, chargé d’instructions qui me regar-dent. J’ai eu le malheur de loger deux jours chez M. Hume, danscette même maison, venant de la campagne à Londres. Je ne puisvous exprimer à quel point la haine et le dédain se sont mani-festés contre moi dans les hôtesses et les servantes, et de quel ac-cueil infâme on y a régalé mademoiseile Le Vasseur. Enfin jesuis presque assuré de reconnoitre, au ton haineux et méprisant,tous les gens avec qui M. Hume vient d’avoir des conférences;et je l’ai vu cent fois, même en ma présence, tenir indirectementles propos qui pouvoient le plus indisposer contre moi ceux à quiil parloit. Deviner quel est son but, c’est ce qui m’est difficile,d’autant plus qu’étant à sa discrétion et dans un pays dont j’ignorela langue, toutes mes lettres ont passé jusqu’ici par ses mains ;qu’il a toujours été très avide de les voir et de les avoir ; que decelles que j’ai écrites, peu sont parvenues; que presque toutescelles que j’ai reçues avoient été ouvertes; et celles d'oùj’auroispu tirer quelque éclaircissement, probablement supprimées. Je nedois pas oublier deux petites remarques : l’une, que le premiersoir depuis notre départ de Paris, étant couchés tous trois dans lamême chambre, j'entendis au milieu de la nuit David Hume s’é-