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Tome huitième.
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CORRESPONDANCE.

je ne vous les demande. Ce n’étoit pas pour rien que j’avois nu-méroté les liasses que je vous laissois.

Ceux que vous avez envoyés à madame de Faugnes sont enroute, et je compte les recevoir au premier jour. C’est un grandbonheur qu’ils n’aient pas été confiés à M. Walpole, que je re-garde comme l’agent secret de trois ou quatre honnêtes gens depar le monde qui ont formé entre eux un complot auquel je necomprends rien, mais dont je vois et sens l’exécution successivede jour en jour. La prétendue lettre du roi de Prusse est certaine-ment de d’Alembert (*) ; en y jetant les yeux , j’ai reconnu sonstyle, comme si je la lui avois vu écrire : elle a été publiée, tra-duite dans les papiers, de même qu’une autre pièce du même au-teur sur le même sujet. On a aussi imprimé et traduit une lettrede M. de Voltaire à moi adressée, auprès de laquelle le libelle deVernes n’est que du miel. Mais cessons de parler de ces matièresattristantes, et qui ne m’affligeroient pourtant guère, si moncœur n’eût été navré par de plus sensibles coups. Mon cher hôte,je sens bien le prix d’un ami fidèle, et que ma confiance en vousredouble de charmes, par la difficulté de la placer aussi bien nullepart.

Je suis très en peine pour établir notre correspondance d’unemanière stable et sûre ; car la résolution où je suis de rompre toutautre commerce de lettres ne me rend le vôtre que plus nécessaire.Ah ! cher ami, que ne vous ai-je cru, et que n’ai-je resté àportéede passer mes jours auprès de vous? Je sens vivement la perteque j’ai faite, etjenem’en consolerai jamais. Je suis en peine deplusieurs lettres que j’ai fait passer par MM. Lucadou et Drake,et dont je ne reçois aucune réponse. J’espère cependant qu’ilsn’ont pas des commis négligents; il faut prendre patience, et con-tinuer. M. Lucadou est un honnête homme, et ami de mes amis;je ne crains pas qu’il abuse de ma confiance, mais je crains de luiêtre importun.

Mon intention est bien de parler à milord maréchal deM. d’Es-eherny, et de faire usage de sa petite note; mais ce n’est pas ence moment de commotion que cela peut se faire. S’il est pressé, ilfaut, malgré moi, que je laisse à d’autres le plaisir de le servir.J’ai pour milord maréchal le même embarras que pour vous dem’ouvrir une correspondance sûre ; je me suis adressé à M. Rou-

C) Elle étoitde M. walpole, ruais corrigée par plusieurs hommes île lettres.