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Tome huitième.
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ANNÉE 1766. 163

blier et à obtenir leur bienveillance 5 mais qu’ai-je fait pour laperdre? en quoi me suis-je mal conduit ? à qui ai-je manqué dansla moindre chose ? à qui ai-je pu rendre service que je ne l’aie pasfait? Et vous voyez comme ils m’ont traité. Mettez-vous à maplace, et dites-moi s’il est possible de vivre parmi des gens quiveulent assommer un homme sans grief, sans motif, sans plaintecontre sa personne, et uniquement parcequ’il est malheureux. Jesens qu’il serait à desirer, pour l’honneur de ces messieurs, queje retournasse finir mes jours au milieu d’eux : je sens que je ledésirerais moi-même ; mais je sens aussi que ce serait une hautefolie à laquelle la prudence ne me permet pas de songer. Ce quime reste à espérer en tout ceci est de conserver les amis que j’aieu le bonheur d’y faire, et d’être toujours aimé d’eux, quoique ab-.seut. Si quelque chose pouvoit me dédommager de leur com-merce, ce serait celui du galant homme dont j’habite la maison ,et qui n’épargne rien pour m’en rendre le séjour agréable ; tousles gentilshommes des environs, tous les ministres des paroissesvoisines ont la bonté de me marquer des empressements qui metouchent, en ce qu’ils me montrent la disposition générale du pays.Le peuple même, malgré mon équipage, oublie en ma faveur sadureté ordinaire envers les étrangers. Madame de Luze vous diracomment est le pays; enfin j’v trouverais de quoi n’en regretteraucun autre, si j'étois plus près du soleil et de mes amis. Bonjour,monsieur ; je vous embrasse de tout mon cœur.

A 51. DU PEYROU.

A Wootton, le 10 mai 1766,

Hier, mon cher hôte, j’ai reçu, par M. Davenport, vos n os 20 ,21, 22 et 23, par lesquels je voisavec inquiétude que vous n’a-viez point encore reçu mon n° 1 , que je vous ai écrit d’ici, et oùje vous priois de ne m’envoyer que mes livres de botanique,avec mon calepin, et d’attendre pour le reste à l’année prochaine;prière que je vous confirme avec instance, s’il en est encore temps.Je suis surtout très fâché que vous m’envoyiez aussi des papiersque je 11 e vous ai point demandés, et sur lesquels j’étois tranquille,les sachant entre vos mains ; au lieu qu’ils vont courir des hasardsque vous ne pouvez prévoir, ne sachant pas comme moi tout cequi se passe à Londres. Retirez-les, je vous en conjure, s’il estencore temps, et, pour Dieu, ue rn’en envoyez plus désormais que