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Tome huitième.
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176 COBBESPONDANCE.

redevint une république; mais, messieurs, puisque les tourmentsque votre sort futur donne à mon cœur sont à pure perte, per-mettez que je cherche à les adoucir, en pensant à vos affaires lemoins qu’il est possible. Vous avez publié que je voulois écrirel’histoire de la médiation : je serois bien aise seulement d’en sa-voir l’histoire; mais mon intention n’est assurément pas de l’é-crire ; et, quand je l’écrirois, je me garderois de la publier. Ce-pendant, si vous voulez me rassembler les pièces et mémoires quiregardent cette affaire, vous sentez qu’il n’est pas possible qu’ilsme soient jamais indifférents; mais gardez-les pour les apporteravec vous, et ne m’en envoyez plus par la poste, car les ports ence pays sont si exorbitants, que votre paquet précédent m’acoûté de Londres ici quatre livres dix sous de France. Au reste,je vous préviens, pour la dernière fois, que je ne veux plusfairësouvenir le public que j’existe, et que de ma part il n’entendraplus parler de moi durant ma vie. Je suis en repos, je veux tâ-cher d’y rester. Par une suite du désir de me faire oublier, j’écrisle moins de lettres qu’il m’est possible ; hors trois amis, en vouscomptant, j’ai rompu toute autre correspondance, et, pour quoique ce puisse être, je n’en renouerai plus. Si vous voulez que jecontinue à vous écrire, ne montrez plus mes lettres et ne parlezplus de moi à personne, si ce n’est pour les commissions dont vo-tre amitié me permet de vous charger.

Je voudrais bien que votre associé, que je salue, eût le tempsd’en faire une avant votre départ. J’ai perdu presque tous mesmicroscopes ; et ceux qui me restent sont ternis et incommodes,en ce qu’il me faudrait trois mains pour m’en servir : une pourtenir le microscope, une autre pour tenir la plante en état à sonfoyer, et la troisième pour ouvrir la fleur avec une pointe, et entenir les parties soumises à l’inspection. N’y auroit-il point moyend’avoir un microscope auquel on pût attacher l’objet dans la situa-tion qu’on voudrait, sans avoir besoin de le tenir, afin d’avoir aumoins une main libre et que l’objet ne vacillât pas tant? Les ou-vriers de Londres sont si exorbitamment chers, et je suis si peu àportée de me faire entendre, que je crois qu’il y aurait àgagner detoutes manières à faire faire mes petits instruments à Genève,surtout sous des yeux comme ceux de M. Deluc : il faudrait plu-sieurs verres au microscope, et tous extrêmement polis. Il memanque aussi quelques livres de botanique ; mais nous serons àtemps d’en parler quand vous serez sur votre départ, de même