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Tome huitième.
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CORBESPONDANCE.

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core plus que je ue l’avois été de son flegme à notre dernier entre-tien. .Pavois tort; ce silence étoit fort naturel après l’autre, etj’aurois dû m’y attendre ; car quand on a osé dire en face à uiihomme, Je suis tenté de vous croire un traître ,t qu’il n’a paseu la curiosité de demander sur quoi, l’on peut compter qu'iln’aura pareille curiosité de sa vie ; et, pour peu que les indices lechargent, cet homme est jugé.

Après la réception de sa lettre, qui tarda beaucoup, je pris en-fin mon parti, et résolus de ne lui plus écrire. Tout me confirmabientôt dans la résolution de rompre avec lui tout commerce. Cu-rieux au dernier point du détail de mes moindres affaires, il nes’étoit pas borné à s’en informer de moi dans nos entretiens ;mais j’appris qu’après avoir commencé par faire avouer a ma gou-vernante qu’elle en étoit instruite, il n’avoit pas laissé échapperavec elle un seul tête-à-tête saus l’interroger jusqu'à l'importu-nité sur mes occupations, sur mes ressources, sur mes amis,sur mes connoissanccs, sur leur nom, leur état, leur demeure;et, avec une adresse jésuitique, il avoit demandé séparément lesmêmes choses à elle et à moi. On doit prendre intérêt aux affai-res d’un ami ; mais on doit se contenter de ce qu'il veut nous endire, surtout quand il est aussi ouvert, aussi confiant que moi; ettout cc petit cailletage de commère convient on ue peut pas plusmal à un philosophe.

Dans le même temps, je reçois encore deux lettres qui ont étéouvertes : l’une, de M. Boswell, dont le cachet étoit en si mauvaisétat que M. Davenport, en la recevant, le fit remarquer au laquais de M. Ilume; et l’autre, de M. d’Ivernois, dans un paquetde M. Hume, laquelle avoit été recachetée au moyen d’un ferchaud qui, maladroitement appliqué, avoit brûlé le papier au-tour de l’empreinte. J’écrivis à M. Davenport pour le prier degarder par-devers lui toutes les lettres qui lui seroient remisespour moi, et de n’eu remettre aucune à personne, sous quelqueprétexte que ce fût. J’ignore si M. Davenport, bien éloigné depenser que cette précaution pût regarder M. Hume, lui montrama lettre; mais je sais que tout disoit à celui-ci qu’il avoit perduma confiance, et qu’il n’en alloit pas moins son train sans s’em-barrasser de la recouvrer.

Mais que devins-je lorsque je vis dans les papiers publics laprétendue lettre du roi de Prusse,’que je n’avois pas encore vue ;cette fausse lettre imprimée en françois et en anglois, donnée