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Tome huitième.
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CORRESPONDANCE.

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cette émotion a peu duré; la sérénité est revenue, et j’espèrequ’elle tiendra : car il me paroit difficile qu’il m’arrive désormaisaucun malheur imprévu. Pour vous, mon cher hôte, que tout celane vous ébranle pas : j’ose vous prédire qu’un jour l'Europe por-tera le plus grand respect à ceux qui en auront conservé pour moidans mes disgrâces.

A MADAME LA COMTESSE DE BOUFFLERS.

Wootton, le 30 août (766.

Une chose me fait grand plaisir, madame, dans la lettre quevous m’avez fait l’honneur de m’écrire le 27 du mois dernier, etquine m’est parvenue que depuis peu de jours : c’est de connoi-tre à son ton que vous êtes en bonne santé.

Vous dites, madame, n’avoir jamais vu de lettre semblable àcelle que j’ai écrite à M. Hume; cela peut être, car je n’ai, moi,jamais rien vu de semblable à ce qui y a donné lieu : cette lettrene ressemble pas du moins à celles qu’écrit M. Hume, et j’espèren’en écrire jamais qui leur ressemblent.

Vous me demandez quelles sont les injures dont je me plains.M. Hume m’a forcé de lui dire que je voyois ses manœuvres se-crètes, et je l’ai fait ; il m’a forcé d’entrer là-dessus en explication ;je l’ai fait encore, et dans le plus grand détail. Il peut vous ren-dre compte de tout cela, madame ; pour moi, je ne me plains derien.

Vous me reprochez de me livrer à d’odieux soupçons : à celaje réponds que je ne me livre point à des soupçons : peut-être au-riez-vous pu, madame, prendre pour vous un peu des leçons quevous me donnez, n’être pas si facile à croire que je croyois si faci-lement aux trahisons, et vous dire pour moi une partie des chosesque vous voulez que je me dise pour M. Hume.

Tout ce que vous m’alléguez en sa faveur forme un préjugétrès fort, très raisonnable , d’un très grand poids, surtout pourmoi, et que je ne cherche point à combattre; mais les préjugésne font rien contre les faits. Je m’abstiens déjuger du caractèrede M. Hume, que je ne connois pas ; je ne juge que sa conduiteavec moi, que je connois. Peut-être suis-je le seul homme qu’ilait jamais haï; mais aussi quelle haine ! Un même cœur suffiroit-il à deux comme celle-là ?

Vous vouliez que je me refusasse à l’évidence, c’est ce que j’ai