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Tome huitième.
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228 CORRESPONDANCE.

et plus heureux. Voilà, madame la duchesse, un bien que j’aimeà chercher à votre exemple, et qu’on ne recherche jamais en vain :plus l’esprit s’éclaire et s’instruit, plus le cœur demeure paisible;l’étude de la nature nous détache de nous-mêmes et nous élève àson auteur. C’est en ce sens qu’on devient vraiment philosophe ;c’est ainsi que l’histoire naturelle et la botanique ontuu usage pourla sagesse et pour la vertu. Donner le change à nos passions parle goût des belles connaissances, c’est enchaîner les Amours avecdes liens de fleurs.

Daignez, madame la duchesse, recevoir avec bonté mon profondrespect.

A M. HOÜSTAN.

xvoottou, le 7 septembre 1766.

Vous méritez bien, monsieur, l’exception que je fais pour vousde très bon cœur au parti que j’ai pris de rompre toute correspon-dance de lettres, et de n’écrire plus à personne, hors les cas denécessité. Je ne veux pas vous laisser un moment la fausse opinionque je ne vois en vous qu’un homme d’église, et j’ajouterai queje suis bien éloigné de voir les ecclésiastiques en général de l’œilque vous supposez ; ils sont bien moins mes enuemis que des in-struments aveugles et ostensibles dans les mains de mes ennemisadroits et cachés. Le clergé catholique, qui seul avoit à se plain-dre de moi, ne m’a jamais fait ni voulu aucun mal ; et le clergéprotestant, qui n’avoit qu’à s’en louer, ne m’en a fait et voulu queparcequ’il est aussi stupide que courtisan, et qu’il n’a pas vuque ses ennemis et les miens le faisoient agir pour me nuire, con-tre tous ses vrais intérêts. Je reviens à vous, monsieur, pourqui mes sentiments n’ont point changé, parceque je crois les vô-tres toujours les mêmes, et que les hommes de votre étoffe pren-nent moins l’esprit de leur état qu’ils n’y portent le leur. Je n’aipas craint que les clameurs de M. Hume fissent impression surxous, ni sur M. Abauzit, ni sur aucun de ceux qui me connois-sent; et quant au public, il est mort pour moi; ses jugementsinsensés l’ont tué dans mon cœur : je ne connois plus d’autre bienque celui de la paix de l’ame et des jours achevés en repos, loindu tumulte et des hommes ; et si les méchants ne veulent pasm’oublier, peu m’importe ; pour moi, je les ai parfaitement ou-bliés. M. Hume, en m’accablant publiquement des outrages quevous savez, a promis de publier les faits et les pièces qui les