COBBESPOKDAXCE.
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Je vous disois dans ma précédente lettre que, lorsqu’on vousmarqua que la pension m’avoit été offerte, cela étoit vrai ; mais quelorsqu’on ajouta que je l’avois refusée, cela étoit faux ; qu’il étoitfaux môme que j’eusse alors l’intention de la refuser ; que, commec’étoit alors un secret, je n’en avois parlé à qui que ce fut; qu’ilfalloit donc que ce bruit anticipé fût venu de M. Hume, qui lui-même avoit exigé le secret, etc., etc.
Là-dessus, voici votre réponse ; de peur de la mal extraire, jela transcrirai mot à mot.
« Votre lettre au général Conway est du 12 mai, et l’affaire de« votre démêlé n’a éclaté dans ce pays et à Genève que sur la fin« de juillet ; à Paris, dans le courant du même mois, ou dans ce-« lui de juin. Il est donc possible que SI. Hume n'ait parlé, dans« sa lettre à d’Alembert, de votre pension, que sur le refus de« l’accepter fait à M. Conway. Je dis possible, parceque, n’ayant« pas la date de la lettre à d’Alembert, je ne peux pas l’assurer;« mais l’époque en est du mois de juin au plus tôt. Ainsi, la con-« séquence que vous tirez contre Hume de cette circonstance« n’est pas nécessaire, et le secret ébruité de la pension n’a eu« lieu qu’après votre refus. Je vous fais cette réflexion pour vous« engager à bien combiner les dates, à bien vous en assurer, avant« d’établir sur elles aucunes inductions. Il me sera difficile d’a-« voir la date de cette lettre à d’Alembert, puisqu’elle ne se com-« munique plus; mais je tâcherai d’en savoir ce que je pourrai. Ce« que j’en savois veuoit d’une lettre de M. Fischer au capitaine« Steiner de Couvet ; la lettre étoit de fraîche date, et je vous« écrivis sur-le-champ son contenu , et cela le 31 juillet.»
11 paraît, par tout ce récit, que je vous en ai imposé dans lemien, en antidatant le bruit répandu de mon refus, pour en ac-cuser M. Hume. Je crois que vous n’avez pas tiré positivementcette conséquence ; mais comme elle suit nécessairement de votreexposé, surtout de la fin, il a bien fallu , malgré vous, qu’elle seprésentât au moins dans l’éloignement, puisqu’il étoit totalementimpossible, de la manière que vous présentez la chose, que je fussedans l’erreur sur ce point ; et quand j’y aurais été, cette erreursur pareil sujet eût été une étourderie impardonnable à mon âge,et ne pouvoit que rendre mon caractère très suspect. Or, sans vousparler des devoirs de l’amitié, ceux de l’équité, de l’humanité,du respect qu’on doit aux malheureux, vouloient que vous com-mençassiez par bien vous assurer des faits qui entrainoient cette