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Tome huitième.
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année 1766. 237

conséquence, et que vous ne vous (lassiez pas légèrement à votremémoire pour m’imputer une pareille méchanceté. Avant d’allerplus loin, je vous supplie de rentrer ici en vous-même, et de vousdemander si j’ai tort ou raison.

Suivez maintenant ce que j’ai à vous dire.

Premièrement, je viens de relire en entier votre lettre du 3ijuillet, n° 30, et je n’y ai pas trouvé un seul mot de M. d’Alem-bert, ni de M. Fischer, ni de JM. Steiner, ni de rien de ce que vousdites y avoir mis à ce sujet, et il n’en est question, que je sache,dans aucune autre de vos lettres.

Mais voici ce que vous m’écriviez le 16 mars, dans votre n° 21 :

« Si vous avez besoin d’un homme sur, adressez-vous hardi-« ment à mon ami Cerjeat; je vous fournis son adresse à touta événement. 11 me dit que l’on prétend que le roi vous a offerto une pension que vous avez refusée, par la raison que vous n'a-« viez pas voulu accepter celle que le roi de Prusse vouloit vous« faire, que vous ne voulez pas recevoir des Suisses, et que vous« vous plaignez de l’accueil que vous avez trouvé en Angleterre.»

Vqici là-dessus comment je raisonnois en vous écrivant le 16août.

M. de Cerjeat n’a pu vous écrire de Londres plus tard que lecommencement de mars ce que vous me marquez de Neuchâteldu 16.

Or, au commencement de mars, j’étois encore à Londres , d’oùje ne suis parti que le 19 pour ce pays.

Au commencement de mars, M. Hume avoil encore toute maconfiance, etj’avoiseu la bêtise de ne pas le pénétrer, quoiqu’ilentrât dans son profond projet que je le pénétrasse, et que per-sonne au monde ne le pénétrât que moi seul.

Au commencement de mars, j’étois très déterminé, sauf l’a-veu de milord maréchal, d’accepter la pension, si réellement ellem’étoit donnée ; chose dont, à la vérité , j’ai toujours douté.

lit au commencement de mars je n’avois parlé de cette pen-sion a qui que ce fût, qu’au seul milord maréchal, du consen-tement de M. Hume, et l’on ne pouvoit encore avoir la réponse.

Je concluois de là qu’il falloit que le bruit parvenu à M. deCerjeat eût été répandu par M. Hume, qui m’a voit recommandéle secret; et je pensois, comme je le pense encore, qu’il eût peut-être été très important pour moi qu’on pût remonter à la sourcede ce premier bruit ; mais j’avoue que, dans l’état déplorable où