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Tome huitième.
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238 CORRESPONDANCE.

j’achève ma malheureuse vie, il est plus aisé de m’accabler que

de me servir.

Combinez et concluez vous-même; pour moi, je n’ajouterairien. Voilà, monsieur, mon premier grief. Commençons, si vousvoulez bien, par le mettre en règle, avant que d’aller plus loin.Aussi bien je sens que mes forces achèvent de m’abandonner, etj’ai besoin d’un peu de relâche dans le travail cruel auquel, au lieude consolations que j’attendois de vous, il vous plaît de me con-damner. Je reprendrai votre lettre article par article; et, avecJ’amc que je vous connois , vous gémirez de l'avoir écrite ; mais,en attendant, elle aura fait son effet. Je vous embrasse, mon cherhôte, de tout mon cœur.

J’ai reçu réponse de milord maréchal sur l’affaire de M. d'Es-cherny. Dans ma première lettre, je vous ferai l’extrait de lasienne.

Je reçois en ce moment votre n° 33, et j’y vois que M. de Luzenie que nous ayons jamais couché nous trois dans la même cham-bre durant la route. M. de Luze nie cela ! Mon Dieu, suis-je parmides hommes? Mon Dieu ! mais je crois que c’est un défaut de mé-moire! Mon Dieu! demandez , de grâce, àM. de Luze commentdonc nous couchâmes à Iioyc (je crois que c’est à Iioye) la pre-mière nuit de notre départ de Paris? Rappelez-lui que nous occu-pâmes une chambre à trois lits, dont je donne ici le plan pouréviter une longue description...

La main me tremble, je ne saurois tracer la figure. Il y avoitdeux lits des deux côtés de la porte, et un dans le fond à maindroite, que j’occupai ; la cheminée étoit entre mon lit et celui deM. de Luze, qui étoit à main droite en entrant. M. Hume occu-poit celui de la gauche, et faisoit diagonale avec moi. La table oùnous avions soupé étoit devant la cheminée, entre le lit de M. deLuze et le mien. Je me couchai le premier, M. de Luze ensuite,M. Hume le dernier. Je le vois encore prendre sa chemise à man-ches étroites plissées... Mon Dieu!... Parlez, de grâce , à M. deLuze. Et son domestique nie-t-il aussi? Non, ce domestique estun valet, mais c’est un homme. Malheureusement je ne l’ai pasrevu depuis notre arrivée à Londres; il n’a point eu d’étrennes...mais c’est un homme enfin. Si nous n’avions pas couché dans lamême chambre, imaginez-vous à quel degré iroit ma stupidité,d’aller choisir un pareil mensonge ; et concevez-vous que Humel’eût laissé passer sans le relever? J’ose dire plus : Hume, tout