218 CORRESPONDANCE.
Tout bien pesé, je ne suis pas fâché que vous n’ayez pas faitcette année la bonne œuvre que vous vous étiez proposée, maisje le suis beaucoup que vous m’ayez laissé dans la plus parfaiteincertitude sur l’avenir. II m’importeroit de savoir à quoi m’entenir sur ce point. Il ne s’agit que d’un oui ou d’un non de votrepart, que j’entendrai sans qu’il soit besoin de plus grande expli-cation.
C'est à regret que je vous écris si rarement et si peu : ce n'estpas faute d’avoir de quoi vous entretenir; mais il faut attendrede plus sûres occasions. Mes respects à madame d’Ivernois ; j’em-brasse tendrement tout ce qui vous est cher, tous ceux qui m’ai-ment, et surtout votre associé.
A M. DAVEXPOBT.
22 décembre I"é6.
Quoique jusqu’ici, monsieur, malgré mes sollicitations et mesprières, je n’aie pu obtenir de vous un seul mot d’explication, nide réponse sur les choses qu’il m’importe le plus de savoir, monextrême confiance en vous m’a fait endurer patiemment ce silence,bien que très extraordinaire. Mais, monsieur, il est temps qu’ilcesse ; et vous pouvez juger des inquiétudes dont je suis dévoré,vous voyant prêt à partir pour Londres sans m’accorder, malgrévos promesses, aucun des éclaircissements que je vous ai deman-dés avec tant d’instances. Chacun a sou caractère ; je suis ouvertet confiant plus qu’il ne faudrait peut-être : je ne demande pasque vous le soyez comme moi ; mais c’est aussi pousser trop loinle mystère, que de refuser constamment de me dire sur quel piedje suis dans votre maison, et si j’y suis de trop ou non. Considé-rez , je vous supplie, ma situation, et jugez de mes embarras ;quel parti puis-je prendre, si vous refusez de me parler? Dois-jerester dans votre maison malgré vous? en puis-je sortir sans votreassistance? Sans amis, sans conuoissances, enfoncé dans un paysdont j’ignore la langue, je suis entièrement à la merci de vosgens : c’est à votre invitation que j’y suis venu, et vous m’avezaidé à y venir; il convient, ce me semble, que vous m’aidiez demême à en partir, si j’y suis de trop. Quand j’y resterais, il fau-drait toujours, malgré toutes vos répugnances, que vous eussiezla bonté de prendre des arrangements qui rendissent mon séjourchez vous moins onéreux pour l’un et pour l’autre. Les honnêtes