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grand besoin de vous voir ; mais, encore un coup, ne venez quequand vos affaires seront finies. Ce délai importe , et vous pour-riez trouver quelque obstacle à passer. Malgré mon étourderie,venez à petit bruit autant qu'il sera possible. Mais j’ai changé d’a-vis sur votre séjour à Londres, et je serois bien aise que vousvous V arrêtassiez quelques jours pour connoître un peu par vous-même l’air du bureau ; car enfin, si de là vous voulez absolumentvenir, personne n’aura le pouvoir de vous en empêcher. J'embrassenos amis; ne m’oubliez pas, je vous en supplie, auprès de madamed’Ivernois.
Bien des remercimeuts et respects de mademoiselle Le Vas-seur. Si je ne vous ai pas toujours répété la même chose à chaquelettre, c’est qu’il me sembloit que cela n’avoit plus besoin d’êtredit, car il n’y a pas de fois qu’elle ne m’en ait chargé.
A AIlLOBn MABÉC1IAL.
Lu S février 1767.
Quoi, milord, pas un seul mot de vous! Quel silence, et qu’ilest cruel ! Ce n’est pas le pis encore : madame la duchesse dePortland m’a donné les plus grandes alarmes en me marquantque les papiers publics vous avoient dit fort mal, et me priant delui dire de vos nouvelles. Vous connoissez mon cœur, vous pou-vez juger de mou état ; craindre à la fois pour votre amitié et pourvotre vie, ah! c’en est trop. J’ai écrit aussitôt à M. Rougemontpour avoir de vos nouvelles : il m’a marqué qu’en effet vous aviezété fort malade, mais que vous étiez mieux. Il n’y a pas là de quoime rassurer assez, tant que je ne recevrai rien de vous. Mon pro-tecteur, mon bienfaiteur, mon ami, mon père, aucun de ces titresne pourra-t-il vous émouvoir? Je me prosterne à vos pieds pourvous demander uu seul mot. Que voulez-vous que je marque àmadame de Portland? lui dirai-je : Madame , milord maréchalm’aimoit, mais il me trouve trop malheureux pour m'aimer en -core ; il ne m'écrit plus? La plume me tombe des mains.
A M. OBAISVILLE.
Wootton, février 1767.
Je crois, monsieur, la tisane du médecin espagnol meilleure etplus saine que le bouillon rouge du médecin françois; la provi-sion de miel n’est pas moins bonne; et si les apothicaires fournis-