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Tome huitième.
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CORBESPONDAKCE.

dupe de pareils prétextes. Madame la duchesse de Portland, avecqui j’ai fait connoissance l’été dernier chez un voisin , m'a portéen même temps le plus sensible coup, en me marquant que lesnouvelles publiques l’avoient dit à l’extrémité, et me demandantde ses nouvelles. Dans ma frayeur, je me suis hâté d’écrire àM. Rougemont pour savoir ce qu’il en étoit. Il m’a rassuré sursa vie, en me marquant qu’en effet il avoit été fort mal, maisqu’il étoit beaucoup mieux. Qui me rassurera maintenant sur soncœur? Depuis le 22 novembre, date de sa dernière lettre, je luiai écrit plusieurs fois , et sur quel ton ! Point de réponse. Pourcomble, je ne sais quelle contenance tenir vis-à-vis de madame dePortland, à qui je ne puis différer plus long-temps de répondre, età qui je ne veux pas dire ma peine. Rendez-moi, je vous en con-jure, le service essentiel d’écrire à milord maréchal, engagez-leà ne pas méjuger sans m’entendre, à me dire au moins de quoije suis accusé. Voilà le plus cruel des malheurs de ma vie, et quiterminera tous les autres.

J’oubiiois de vous dire que M. le due de Graffton, premier com-missaire de la trésorerie, ayant appris la vexation exercée à ladouane au sujet de mes livres, a fait ordonner au douanier derembourser cet argent à Becket, qui l’avoit payé pour 'moi, etque, dans le billet par lequel il m’en a fait donner avis, il a ajoutéun compliment très honnête de la part du roi. Tout cela est forthonorable, mais ne console pas mou cœur de la peine secrèteque vous savez. Je vous embrasse, mon cher hôte, de tout moncœur.

A M. DIITEXS.

Wootton, le 16 février 1767.

Je suis bien reconnoissant, monsieur, des soins obligeants quevous voulez bieu prendre pour la vente de mes bouquins ; mais,sur votre lettre et celles de M. Davenport, je vois à cela des embar-ras qui me dégoùteroient tout-à-fait de les vendre, si je savoisoùles mettre; car ils ne peuvent rester chez M. Davenport, qui negarde pas son appartement toute l’année. Je n’aime point unevente publique, même en permettant qu’elle se fasse sous votrenom ; car, outre que le mien est à la tète de la plupart de meslivres, on se doutera bien qu’un fatras si mal choisi et si mal con-ditionné ne vient pas de vous. Il n’y a dans ces quatre ou cinqcaisses qu’une centaine au plus de volumes qui soient bons et bien