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Tome huitième.
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280 COBBESPONDANCE.

suis pas tout-à-fait aussi curieux d’avoir sa figure que celle demilord maréchal, vous pouvez, milord, à votre choix, garder,ou jeter, ou donner, ou brûler ce chiffon ; pourvu qu’il ne me re-vienne pas, c’est tout ce que je desire. Agréez, milord, je voussupplie, les assurances de mon respect.

A MILOBD MARÉCHAL.

Le 19 mars 1767.

C’en est donc fait, milord; j’ai perdu pour jamais vos bonnesgrâces et votre amitié, sans qu’il me soit même possible de savoiret d’imaginer d’où me vient cette perte, n’ayant pas un sentimentdans mon cœur, pas une action dans ma conduite qui n’ait dû,j’ose le dire, confirmer cette précieuse bienveillance que, selonvos promesses tant de fois réitérées, jamais rien ne pouvoit m’oter.Je conçois aisément tout ce qu’on a pu faire auprès de vous pourme nuire : je l’ai prévu, je vous en ai prévenu ; vous m’avez as-suré qu’on ne réussirait jamais, j’ai dû le croire. A-t on réussimalgré tout cela? voilà ce qui me passe; et comment a-t-on réussiau point que vous n’ayez pas même daigné me dire de quoi jesuis coupable, ou du moins de quoi je suis accusé? Si je suis cou-pable, pourquoi me taire mon crime? si je ne le suis pas, pourquoime traiter en criminel? En m’annonçant que vous cesserez dem’écrire, vous me faites entendre que vous n’écrirez plus à per-sonne; cependant j’apprends que vous écrivez à tout le monde,et que je suis le seul excepté, quoique vous sachiez dans queltourment m’a jeté votre silence. Milord, dans quelque erreur quevous puissiez être, si vous eonnoissiez, je ne dis pas mes senti-ments , vous devez les connoitre, mais ma situation, dont vousn’avez pas l’idée, votre humanité du moins vous parlerait pourmoi.

Vous êtes dans l’erreur, milord, et c’est ce qui me console : jevous connois trop bien pour vous croire capable d'une aussi in-compréhensible légèreté, surtout dans un temps où, venu par vosconseils dans le pays que j’habite, j’y vis accablé de tous lesmalheurs les plus sensibles à un homme d’honneur. Vous êtesdans l’erreur, je le répète ; l’homme que vous n'aimez plus mé-rite sans doute votre disgrâce ; mais cet homme, que vous pre-nez pour moi, n’est pas moi : je n’ai point perdu votre bien-veillance , parceque je n’ai point mérité de la perdre, et que