ANNÉE 1767. 281
vous n’ètes ni injuste ni inconstant. On vous aura figuré sousmon nom un fantôme ; je vous l’abandonne, et j’attends que vo-tre illusion cesse, bien sûr qu’aussitôt que vous me verrez telque je suis, vous m’aimerez comme auparavant.
Mais, en attendant, ne pourrai-je du moins savoir si vous re-cevez mes lettres? Ne me reste-t-il nul moyen d’apprendre desnouvelles de votre santé qu’en m’informant au tiers et au quart,et n’en recevant que de vieilles, qui ne me tranquillisent pas ?Ne voudriez-vous pas du moins permettre qu’un de vos laquaism’écrivît de temps en temps comment vous vous portez? Je merésigne à tout, mais je ne conçois rien de plus cruel que l’incer-titude continuelle oùje vis sur ce qui m’intéresse le plus.
A M. DU PEYROU.
Wootton, le 22 mars 1767.
Apostille d’une lettre de M. L. Dutens du 19, confirmée parune lettre de M. Davenport de même date, en conséquence d’unmessage reçu la veille de M. le général Conway.
« Je viens d’apprendre de M. Davenport la nouvelle agréable« que le roi vous avoit accordé une pension de cent livres ster-« ling. La manière dont le roi vous donne cette marque de son« estime m’a fait autant de plaisir que la chose même ; et je vous« félicite de tout mon cœur de ce que ce bienfait vous est conféré« du plein gré de sa majesté et du secrétaire d’état, sans que la« moindre sollicitation y ait eu part. »
Le plus vrai plaisir que me fasse cette nouvelle est celui que jesais qu’elle fera à mes amis ; c’est pourquoi, mon cher hôte, jeme presse de vous la communiquer : faites-la , par la même rai-son , passer à mon ancien et respectable ami M. Roguin, et aussi,jevous en prie, à mon ami M. d’Ivernois : je vous embrasse detout mon cœur.
Comme dans peu j’irai, si je puis, à Londres, ne m’écrivezplus que sous mon propre nom ; et si vous écrivez à M. d’Ivernois,donnez-lui le même avis.
A M. DUTENS.
Wootton, le 26 mars 1767.
J’espère, monsieur, que cette lettre, destinée à vous offrir messouhaits de bon voyage, vous trouvera encore à Londres. Ils