Band 
Tome huitième.
Seite
290
JPEG-Download
 

200 CORRESPONDANCE.

Vous admirez Richardson : monsieur le marquis, combien vousl’admireriez davantage, si, comme moi, vous étiez à portée décomparer les tableaux de ce grand peintre à la nature; de voircombien ses situations, qui pavoissent romanesques, sont natu-relles ; combien ses portraits, qui paroissent chargés, sont vrais !Si je m’en rapportois uniquement à mes observations, je croiroismême qu’il n’y a de vrais que ceux-là; car les capitaines Tom-linson me pleuvent, et je n’ai pas aperçu jusqu’ici vestige d’aucunBelfort. Mais j’ai vu si peu de monde , et l'ile est si grande, quecela prouve seulement que je suis malheureux.

Adieu, monsieur. Je ne verra; jamais le château de Trye; etce qui m’afflige encore davantage, selon toute apparence, je neserai jamais à portée d'en voir le seigneur; mais je i'honorerai etchérirai toute ma vie :je me souviendrai toujours que c’est auplus fort de mes misères que son noble cœur m’a fait des avancesd’amitié ; et la mienne, qui n'a rien de méprisable, lui est acquisejusqu’à mon dernier soupir.

A MILORD COMTE DE HARCOURT.

wootton, le 11 avril 1767.

Je ne puis, milord, que vous réitérer mes très humbles ex-cuses et remercîments de toutes les peines que vous avez bienvoulu prendre en ma faveur. Je vous suis très obligé de m’avoirconservé le portrait du roi. Je le reverrai souvent avec grand plai-sir, et je me livre envers sa majesté à toute la plénitude de mareconnoissance, très assuré qu’en faisant le bien elle n’a pointd’autre vue que de bien faire. Puisque vous savez au juste à quoimonte le produit des estampes dont M. Ramsay a voit eu l’honnê-teté de me faire cadeau , vous pouvez y borner la distribution quevous voulez bien avoir la bonté de faire aux pauvres , et remettrele surplus à M. Raven port, qui veut bien se charger de me l’ap-porter. J’aspire, milord , au moment d’aller vous rendre mes ac-tions de grâces et mes devoirs en personne, et il ne tiendra pasà moi que ce ne soit avant votre départ de Londres. Recevez euattendant, je vous supplie, milord, mes très humbles salutationset mon respect.

P. S. Je ne vous parle point de ma santé, parcequ’elle n'estpas meilleure, et que ce n’est pas la peine d’en parler pour n'a-voir que les mêmes choses à dire. Celle de mademoiselle Le Vhs-