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Tome huitième.
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COBHESPONDANCE.

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Je n’ai ici ni carte, ni livres, ni instructions pour votre route;mais je suis très sur que vous pouvez venir ici en droiture sansavoir besoin de passer par Paris. Je crois que Beauvais n’est pasfort éloigné de votre route ; il y en a une de Beauvais à Gi-sors, et la distance de ces deux villes n’est que de six lieues ; lesmêmes chevaux de poste les font, à ce qu’on m’a dit. Ce châ-teau est sur la même route, ou du moins très près et seulementà demi-lieue de Gisors. Vous pouvez aisément vous arranger poury venir mettre pied à terre, et vous enverrez votre voiture et vosgens à Gisors.

Je vous prie de dire pour moi mille choses à M. et à madameRey. Voyez aussi, de grâce, ma petite filleule ; embrassez-la dema part. Je serois bien aise d’avoir, à votre retour, quelquesdétails sur la figure et le caractère de cette chère enfant; ellea cinq ans passés ; on doit commencer d’y voir quelque chose.

J’attends de vos nouvelles avec la plus vive impatience ; in-struisez-moi, le plus tôt que vous pourrez, du temps de votre dé-part, et, s’il se peut, de celui de votre arrivée. Cette idée me faitd’avance tressaillir de joie. Ma sœur vous baise les mains et par-tage mon empressement. Adieu, mon cher hôte, je vous embrassede tout mon cœur.

Ne pourriez-vous point trouver où vous êtes l’ Agrostographia,ou Traité des Gramen de Scheuzer? Il est impossible de l’avoirà Paris. Si vous pouviez aussi trouver la Méthode de Ludwig,ou quelque autre bon livre de botanique, vous me feriez grand.plaisir. Les miens sont en Angleterre avec mes guenilles, et l’onne se presse pas de me les renvoyer.

À il. GK AN VILLE.

De France, le l 0 '' août 1767.

Sij’avois eu, monsieur, l’honneur de vous écrire autant defois que je l’ai résolu, vous auriez été accablé de mes lettres ;mais les tracas d’une vie ambulante, et ceux d’une multitude desurvenants, ont absorbé tout mon temps, jusqu a ce que je sois par-venu à obtenir un asile un peu plus tranquille. Quelque agréablequ’il soit, j’y sens souvent, monsieur, la privation de votre voi-sinage et de votre société, et j’en remplis souvent la solitude dusouvenir de vos bontés pour moi. Peu s’en est fallu que je ne soisretourné jouir de tout cela chez mon ancien et aimable hôte :