ANNÉE 17 CT.
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A M. DU PEYROU.
Le f" août (767.
Si, comme je l’espère, mon très cher hôte, vous avez reçu malettre précédente, vous y aurez vu combien j’avois besoin de lavôtre du 20 pour me tranquilliser sur votre voyage. Grâces àDieu, vous voilà arrivé exempt de goutte ; et quand même ellevous preudroit où vous êtes, ce qui, je me flatte, n’arrivera pas,j’en serois moins effrayé que de vous savoir arrêté en route dansune auberge, malheur que j’ai craint dans ces circonstances par-dessus tout. Si votre vie ambulante de cette année pouvoit,pour celte fois, vous exempter de goutte, je ne désespéreraispas qu’avec vos précautions et la botanique , vous n’en fussiezpeut-être délivré tout-à-fait. Ainsi soit-il.
Je ne vous dirai pas ce qui s’est passé ici depuis votre dé-part ; peut-être cola changera-t-il avant votre retour. Sou al-tesse , qui malheureusement a fait un voyage, doit revenir danspeu de jours.
J’écris , comme vous le desirez, à Douvres ; mais je tire unmauvais augure, pour le sort des lettres de change , de ce quevotre lettre ne vous a pas été renvoyée. Si vous m’eussiez consultéquand vous la fites partir, je vous aurais conseillé d’attendre uneautre occasion. J’espère que vous aurez été plus heureux à retirerl’opéra.
Je suis encore incertain sur la meilleure voie pour avoir re-cours à vos banquiers, c’est-à-dire sur le meilleur nom à prendre.Comme cela ne presse point du tout, nous aurons le temps d’endélibérer. S’il ne vousétoitpas incommode devous charger vous-même du semestre échu quand vous viendrez me voir, celaferait qne, n ayant rien à recevoir d’eux jusqu’à l’année pro-chaine , j’aurois tout le temps de penser aux meilleurs arrange-ments pour ecla. En attendant, il est à croire que l'affaire de lapension sera déterminée de manière ou d’autre ; elle ne l’est pasjusqu’ici.
Je comprends que celle de vos affaires que vous avez terminéela première où vous êtes est celle d’autrui, et je vous rcconnoisbien là. Tâchez, cher ami, d’arranger si solidement les vôtres,que vous n’ayez pas souvent de pareils voyages à faire. Il vautencore mieux s’aller promener au Ci cux-du-Vent par la pluie,qu’en Hollande par le beau temps.
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