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Tome huitième.
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ANNÉE 1767. 321

vous une espérance cruelle qui donne la mort à chaque fois qu’onla perd.

A M. DU PEYBOU.

Le 12 septembre 1767.

Vous me consolez beaucoup, mon cher hôte, par votre lettredu 9 ; car j’en avois reçu une auparavant de M. Coindet, qui m’a-voit appris vos vives souffrances ; et même j’en ai reçu de lui uneautre du 10, qui ne me permet de me livrer qu’avec crainte à l’es-poir que vous me donniez la veille, puisqu’il me marque que vousêtes toujours le même. Ne me trompez pas, mon très aimable hôte,sur votre état, quel qu’il soit; car l’incertitude et le doute me tuent,et me font toujours les maux pires qu’ils ne sont. Quand vous se-rez en convalescence, donnez-vous tout le temps de vous bien réta-blir où vous êtes ; et quand vos forces seront suffisamment reve-nues pour aller à la campagne, venez ici passer une quinzaine dejours. Vous y trouverez un bon air, un beau pays, un logement auchâteau,'une terre bien garnie de gibier, et la permission de chas-ser autant que cela vous amusera. J’espère°que ce voyage, aprèslequel je soupire avec passion, sera salutaire à l’un et à l’autre, eteffacera jusqu’aux dernières traces des maux de votre corps etde mon cœur. Du reste, ne vous pressez point ; rien ne périclite,et retardez plutôt de quelques jours pour pouvoir m’en donnerdavantage, que de vous exposer avant le parfait rétablissement.Vous pouvez m’avertir quelques jours d’avance, afin qu’on pré-pare votre chambre; ou si vous venez sans être attendu, que cesoit d’aussi bonne heure qu’il se pourra. Je vous embrasse de toutmon cœur.

Je ne vois point d’inconvénient de me prévenir du jour où vous

arriverez.

AU MÊME.

Le 18 septembre 1767.

Je vous écrivis hier, mon cher hôte, en même temps qu’à M. delaize; et j’ai tellement égaré ma lettre, qu’il m’est impossible dela retrouver. Je ne sais pas même quand celle-ci pourra partir,n’étant pas en état aujourd’hui de la porter moi-même à Gisors, ettrouvant très difficilement des exprès pour y envoyer. En vousmarquant la joie que m’avoit causée la vue de votre écriture, jevous groudois de vous être fatigué à écrire trois pages. Trois li-